vendredi 29 avril 2011

Salve de Séries B en DVD (8)

Hunt to kill de Keoni Waxman. Le réalisateur hawaïen est un dur, il a déjà œuvré par le passé pour Seagal et Lundgren. Ici il se met au service de Steve Austin qui, de tous les catcheurs-acteurs (John Cena, Bill Goldberg...), n'est sans doute pas le plus mauvais. Ce DTV forestier bien charpenté, d'une faible teneur en scénario (mais on s'en fout) et en sentiments humains (on s'en carre aussi) a la particularité de réunir, aux côtés d' Austin, les deux autres vilains de The Expendables : Eric Roberts et Gary Daniels. Probablement une coïncidence...

Sharktopus
de Declan O'Brien. Débauché par l'immortel Corman pour qui il avait déjà torché un truc avec des cyclopes, Declan O'Brien avait plutôt fait du bon boulot sur Wrong Turn 3. Ici il salope le travail, mais on ne peut pas trop lui en vouloir car le véritable coupable est le type derrière son écran d'ordinateur, qui après chaque plan raté, lui disait dans l'oreillette "T'inquiète, Declan, quand on aura rajouté mon super requin-pieuvre en images de synthèse, ça passera..." Technologie, quel mal n'as-tu pas fait...

Primal
de Roel Reiné. Ils naviguent tranquillement sur l'océan, mais une tempête fait échouer leur bateau sur une île inhospitalière. Là, ils rencontrent une tribu non-référencée, constituée de primates hybrides mi-Predator mi-Bob Marley, qui pourrait bien s'avérer être le légendaire "chaînon manquant". Ils rencontrent aussi Lance Henriksen, guère plus accueillant que les autochtones. Rien de nouveau du côté du
survival tropical. Aussi connu sous le titre The Lost Tribe.


Et aussi...


Triangle de Christopher Smith. Entre Severance et le très bon Black Death, Christopher Smith a réalisé ce Triangle, variation intéressante quoiqu'un peu rébarbative sur le thème du triangle des Bermudes, que Melissa George porte sur ses frêles épaules. Passé par Gérardmer sans jamais trouver le chemin des salles. On s'en étonne à peine...

Heartless de Philip Ridley. Pour effacer la vilaine tache qui lui assombrit une partie du visage, un jeune homme pactise avec un personnage diabolique. Par le trop rare mais quelque peu surestimé Philip Ridley, un film atypique et envoûtant, mêlant discours sociologique, fantastique pur et romance surannée. Intéressant, mais inabouti.

The Children de Tom Shankland. En voilà un qui déçoit beaucoup. En provenance d'Angleterre, un énième film d'enfants maléfiques (si ce n'est que cette fois les marmots sont victimes d'une maladie et non pas possédés par le Diable), moins bon que Orphan mais tout de même bien meilleur que Case 39.

dimanche 24 avril 2011

En l'an 2525, Uwe Boll sera un génie

Nostalgie. En attendant un article sur les dernières audaces du prolifique Uwe Boll, un petit brin de nostalgie avec ce tube prémonitoire de 1969 que l'on entend pendant l'introduction de l'autre chef-d'œuvre du père Boll (avec Rampage): le scandaleusement inédit Tunnel Rats, un film de guerre intimiste, cruel et tristement sublime. Goûtez-moi ça sur Youtube.

samedi 23 avril 2011

Le cas Ulli Lommel

Critiques. Il s'agit d'un cas très particulier, un cas qui mériterait une expertise psychiatrique, car nous sommes quelques-uns à nous demander si Ulli Lommel a encore toute sa tête. Pour la faire courte, Ulli Lommel a débuté sa carrière en Allemagne au début des années 70, dans l'entourage de Fassbinder pour lequel il a occupé divers postes, avant de s'enfuir aux États-Unis bosser un temps sous la férule d'Andy Warhol, après quoi il réalise le fameux Boogeyman, un slasher labellisé 80's avec le vieillard John Carradine qui, à l'époque, produit son petit effet. Des lors, Lommel n'aura de cesse d'œuvrer dans l'horreur bon marché (The Devonsville Terror avec Donald Pleasence, dont une vieille copie VHS doit moisir quelque part dans mon fourbi, annonce déjà le déclin), s'enfermant dans un registre de plus en plus underground. Depuis quelques années, le Prussien s'est spécialisé dans le "film de tueurs en série", réalisant en l'espace de quatre ans une bonne quinzaine de bandes sur le sujet. Lommel tourne à la vitesse de l'éclair, avec des budgets anémiques et des génériques remplis de pseudonymes. Cela fait plus de vingt ans que, sur les jaquettes de ses films, à son patronyme qui risque de ne pas parler à grand monde, on préfère la mention "from the director of The Boogeyman". Pas sûr que cela soit très vendeur non plus, mais qu'importe, Ulli s'obstine et, tout seul dans son coin, continue de pondre des trucs qui n'intéressent personne. A l'image d'un Uwe Boll dont il est un peu le père spirituel, il est copieusement ignoré des distributeurs français. Mais chez les Anglo-Saxons, où le marché du DTV fait encore recette, les films du réalisateur du Boogeyman se dénichent facilement. En Australie, c'est Peacock Films, dont le catalogue abonde en sous-produits crasseux sans budget, ni vedettes ni rien du tout, qui se charge de leur distribution. D'humeur masochiste, je me suis lancé dans une cure de "Lommeleries", dont je ne suis pas revenu entier.

Parmi ses derniers films, on trouve D.C. Sniper, qui s'emploie à restituer l'affaire du tireur embusqué de Washington D.C. Souvenez-vous, c'était en 2002, un sniper et son "mentor" terrorisaient les environs de la capitale américaine en abattant au hasard des badauds qui avaient pour seul tort d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Il est sacrément couillu, le père Lommel, d'oser tourner une bande sur un fait-divers de cette envergure, avec deux dollars et trois acteurs. On sent que le type est rompu au système D. Comme il n'a ni voitures de police, ni uniformes, qu'il n'a pas le droit de filmer dans un tribunal, ni dans un commissariat, ni dans une prison, bref, comme il ne peut visiblement pas faire grand chose, il opte pour un style "reportage télé" et remplit son heure et dix minutes de longs plans en voiture et de pseudo-témoignages face caméra des "acteurs" de l'affaire, shootés à la va-comme-j'te-pousse dans ce qui ressemble à un sous-sol mal éclairé. Comme il n'a rien à filmer
ou presque, il se filme aussi lui même, lunettes noires et stetson vissé sur la tête dans le rôle inutile d'un détective bisseux accompagnant un agent en civil (ça évite de louer l'uniforme) passant la moitié du film à observer on ne sait trop quoi avec ses jumelles. La voix-off fait un super boulot, décrivant tout ce que Lommel n'a pas les moyens (ou l'ambition) de montrer à l'écran. Lommel à l'expérience pour tout contourner, pour faire l'infaisable, et le plus étonnant, c'est que ça passe, ça glisse tout doucement comme une pastille pour la gorge, surtout grâce à Ken Foree qui croît dur comme fer qu'il John Allen Muhammad. S'il semble que les véritables motivations des criminels n'aient jamais été clairement établies, Lommel opte pour un motif clairement racial et raciste, les tueurs, de race noire, ne choisissant d'abattre que des Blancs afin de venger l'oppression des Noirs.

Autre truc que Lommel a tourné à la va-vite : Absolute Evil. Là on n'est quand même pas très loin de "l'absolute merde". Ce n'est pas bis, c'est carrément pire que ça, c'est... comment dire... profondément underground. On pourrait même dire que ça tutoie dangereusement les tréfonds de l'amateurisme, s'il n'y avait pas, pour redresser le niveau, l'auguste présence d'un David Carradine qui, avant de rendre son dernier souffle une corde enroulée autour de la bite dans un hôtel de Bangkok, s'est vraiment compromis dans tout et n'importe quoi. Il y est vaguement question d'une fille qui flirte avec celui qui a tué de son père quinze ans plus tôt (notons que le boyfriend devait donc avoir 13 ans au moment de commettre le forfait), lequel est traqué par un chauve envoyé par Carradine pour venger la mort du père, tandis que le chauve est à son tour torturé par deux détectives chargés par la fille de retrouver l'assassin du père... C'est pas clair, mais à vrai dire, on s'en tamponne le coquillard, c'est d'abord très ennuyeux, puis ça en devient risible, et puis presque fascinant devant l'application de Lommel à vouloir se prendre au sérieux, malgré le rendu vidéo dégueulasse, le son pas très bien mixé et les acteurs pathétiques.. Le bonhomme est d'ailleurs sacrément narcissique, i
l faut le voir ajuster ses petites lunettes et son chapeau et prononcer trois phrases à portée hautement philosophique sur la définition du mal absolu (la photo plus haut est d'ailleurs extraite du film). Le générique nous indique la participation de l'ancienne gloire de la blaxploitation Gloria Hendry, mais j'ai remué tout le métrage sans jamais la trouver. Si quelqu'un peut aider...

jeudi 21 avril 2011

RoboGeisha, l'autre folie de Noboru Iguchi

Info. Autre découverte chez Eastern Eye, la collection Asie du très sérieux éditeur australien Mad Man : RoboGeisha, réalisé par Noboru Iguchi juste après The Machine Girl. Une histoire de geisha transformée en robot truffé d'armes mortelles qui lutte contre les velléités dominatrices d'une entreprise, prétexte à un grand n'importe quoi plutôt réjouissant (dialogues stupides, sur-jeux des acteurs). Beaucoup moins d'effets sanglants que dans son précédent film, davantage d'effets numériques mais tout autant d'excentricité et d'inventivité dans le choix des armes et les transformations physiques.

mercredi 20 avril 2011

Medusa Fanzine fait peau neuve sur le Net

Info. Le très sympathique blog du fanzine Medusa, sur lequel son auteur nous régale de reproductions de jaquettes VHS, photos de tournage et autres images rares provenant de sa collection personnelle, s'est récemment payé une cure de jouvence. Voyez par vous même ICI. C'est d'autant plus intéressant qu'on y retrouve, quelque part à droite, un petit lien bien aimable vers L'Antre de la Bête. Merci !

mardi 19 avril 2011

Salve de séries B en DVD (7)

Devil de John Erick Dowdle. Réalisé par le type qui a commis le remake américain de Rec, lequel était toutefois loin d'être le pire parmi la vague de remakes produits aux États-Unis, ce Devil a reçu un accueil glacial à Gérardmer. C'est injuste, car même s'il ne casse pas des briques, ce petit film d'1h17 situé dans un ascenseur investi par le Diable en personne, prouve que les Ricains sont encore capables de faire fonctionner leurs petites cervelles sans aller piquer les idées à droite et à gauche.


The Traveller de Michael Oblowitz. Moi j'aime bien Val Kilmer. Objet de vilains quolibets au moment de faire Batman, l'ex-vedette de Willow s'est depuis éloigné des grands studios et s'est reconverti avec succès dans le DTV, au point que, de la même manière dont on parle des Steven Seagal, des Dolph Lundgren ou des Wesley Snipes, on pourrait désormais parler "des Val Kilmer". Le visage bouffi, Val magnifie de sa non-présence ce sympathique huis-clos nocturne fantastico-policier dans le rôle d'un personnage démoniaque, un messager de la Mort venu réclamer vengeance contre une escouade de flics au passé douteux. Il y a une atmosphère indéniable, mais ces interminables séquences au ralenti sur des bouts de chair qui voltigent sont quand même énervantes.

Pontypool de Bruce McDonald. Faire un film d'agressions sans jamais montrer les agresseurs relève de la gageure. Avec Assault on Precinct 13, Carpenter avait brillamment relevé le défi dans le domaine du thriller. Dans le domaine fantastique, avec cette histoire d'agressions collectives uniquement relayées par l'animateur vedette d'une petite station de radio canadienne, Pontypool fera date, par l'intelligence du scénario, l'atmosphère apocalyptique et l'interprétation ad hoc d'un Stephen McHattie qui aura attendu ce rôle toute sa chienne de carrière.

Et aussi...


The New Daughter de Luis Berdejo. Malgré la présence de Kevin Costner en tête d'affiche, ce film est passé à la trappe par les distributeurs pour finir directement sur les étagères des vidéo-clubs. Sort un peu justifié, tant cette histoire de fillette possédée par l'esprit d'une entité maléfique vivant dans un monceau de terre n'est guère passionnante.


Brutal de Ethan Wiley. Téléfilm de luxe, que les présences de Jeffrey Combs et du trop rare (et particulièrement émouvant dans le cas présent) Michael Berryman rendent intriguant. Pour le reste, des meurtres gratuits, un tueur bien sous tous rapports, une enquête qui piétine. La routine, quoi.


Shrooms de Paddy Breathnach. Une randonnée dans la forêt irlandaise à la recherche de champignons hallucinogènes, qui vire au carnage sous acide. Le synopsis est prometteur, ces champignons offrant un angle d'approche du genre horrifique plutôt original, mais le slasher bas de gamme prend rapidement le dessus.





dimanche 17 avril 2011

Salve de séries B en DVD, le retour

Dead Snow de Tommy Wirkola. En provenance de Norvège, généreuse pourvoyeuse de quelques séries B d'horreur parmi les plus sympathiques du moment (Manhunt, la trilogie Cold Prey...), Dead Snow nous expose la lutte d'une bande de jeunes crétins aux prises avec des Nazis zombies aux abords d'un chalet isolé en pleine montagne enneigée. Plus gore, plus fun et plus friqué de Le Lac des Morts-Vivants de Jean Rollin (qui s'est toujours proclamé innocent d'avoir réalisé la chose).

Splinter de Toby Wilkins. Contenu en huis-clos dans une station-essence, Splinter nous révèle une créature inédite, une sorte de parasite articulé par des épines proéminentes qui s'empare du corps des humains. Deux couples lui font face, dans une intrigue minimaliste qui a le bon goût d'aller à l'essentiel (1h15) et de privilégier l'ambiance glauque. Les attaques du parasite sont spectaculaires. Grosse perf' de Shea Whigham dans le rôle d'un criminel en cavale.


Jack Brooks, Monster Slayer de Jon Knautz. Le titre nous induit en erreur, en tentant de nous présenter un nouveau héros dont la spécialité serait de tuer des monstres. En fait, Jack Brooks est un jeune plombier nerveux qui suit des cours de chimie dans la classe de Robert Englund, et qui vers la fin du métrage combat un monstre en caoutchouc. Néanmoins, grâce à d'excellents maquillages à l'ancienne, des situations burlesques et l'ami Englund qui cabotine, pas d'ennui possible.


Frozen de Adam Green. Entre deux carnages commis par son croquemitaine Victor Crowley, Adam Green s'autorise une pause et œuvre dans le fait-divers. Cela donne Frozen, sur un trio d'amis qui se retrouve coincé sur un télé-siège, à plusieurs mètres du sol, alors que la station de ski est fermée pour une semaine. Avec avec pour seuls éléments trois personnages, un télé-siège et la neige tout autour, hostile, Green accomplit un huis-clos en altitude de haute-volée.


Hit and Run de Enda McCallion. Rappelant à bien des égards l'excellent Stuck de Stuart Gordon, voilà une histoire qui commence plutôt mollement, avec une jolie nana qui découvre un malheureux quidam empalé sur le pare-choc de sa voiture, le tue par accident et se débarrasse du corps. Sauf que le type, que la télé présente comme un enseignant bien sous tous rapports, n'est pas tout à fait mort, et n'est pas tout à fait sain d'esprit non plus. La seconde partie, qui voit la victime devenir bourreau, relève le niveau, d'autant que la composition et le maquillage de Kevin Corrigan sont sacrément inquiétants.


The Burrowers de J.T. Petty. Il est assez rare de tomber sur un inédit vidéo dont l'excellente tenue fait regretter de ne pas pouvoir apprécier la chose sur grand écran. Tel est le cas de ce croisement culotté du western et du film fantastique, auquel l'allusion aux croyances indiennes et l'attitude bête et raciste du sergent confédéré octroient une dimension sociologique de bon aloi, avec une interprétation efficace et d'étranges créatures souterraines ressemblant à des criquets mutants. J'adhère.

jeudi 14 avril 2011

Retrait des images

Maintenance. Après avoir constaté que, pour une raison inconnue, les images et visuels liées aux articles antérieurs aux deux dernières semaines avaient disparues (ou plutôt remplacées par des carrés blancs), et en proie à la fainéantise de télécharger à nouveau ces visuels (ce que j'ai quand même fait pour quelques articles récents), j'ai préféré retirer ces images des articles concernés. Cela les rend moins attractifs mais c'est toujours mieux que de laisser ces blancs fort peu esthétiques.

mardi 12 avril 2011

Flesh & Blood : The Hammer Heritage of Horror

Critique. J'ai emprunté dernièrement à la médiathèque du coin un documentaire intitulé Flesh & Blood : The Hammer Heritage of Horror (visuel ci-contre). Le DVD édité en Australie par MRA (dont les disques inondent les bacs d'occasion) reprend le visuel de l'édition anglaise, mais sans le petit livret d'une trentaine de pages qui complète idéalement le film. Certes la chose n'est plus toute récente (1997) et les oublis ou omissions volontaires faute de place sont conséquents, mais elle vaut le coup d'œil pour qui s'intéresse de prêt à l'histoire de la célèbre maison de production britannique. L'intérêt de ce documentaire réside grandement dans l'abondance des intervenants, tandis que les deux figures légendaire de la Hammer Films, Peter Cushing et Christopher Lee, content ses grandes heures et sa décadence. Michael Carreras paraît aigri par la façon dont les choses ont tourné pour lui-même et pour la firme créée par son grand-père, le réalisateur Roy Ward Baker insiste sur l'aspect familial du système de production, le compositeur James Bernard explique la débrouille avec le planning et les budgets serrés, Ray Harryhausen confie sa joie de revenir animer des dinosaures pour Quand les dinosaures dominaient le monde, le scénariste Jimmy Sangster vante, comme tous, le professionnalisme de Terence Fisher (seul absent de marque parmi les interviewés, mais il avait une bonne raison puisqu'il était décédé), Caroline Munro admet avoir été intimidée par la prestance de Christopher Lee, Raquel Welch et Martine Beswick reviennent sur leur mémorable bagarre dans One Million Years B.C, Veronica Carlson concède son désappointement devant la censure d'une scène de viol dans Frankenstein must be destroyed, Joe Dante se souvient de ses premiers frissons "hammeriens", le cinéaste Val Guest semble très nostalgique de son passage par Wardour Street... Il est plutôt réjouissant de voir tous ces noms familiers parler avec respect et gratitude d'une page incontournable du cinéma fantastique mondial.

mercredi 6 avril 2011

Big Tits Zombie, comme son nom l'indique


Info. Après The Machine Girl et un démentiel Tokyo Gore Police qui fout sérieusement la gerbe, voici que Big Tits Zombie est disponible à la location en Australie, toujours chez l'éditeur Mad Man au sein de sa collection Eastern Eye consacrée aux films asiatiques (visuel du DVD ci-dessus). Une sacrée déception, soit dit en passant, que cette histoire de danseuses court-vêtues affrontant des zombies sortis de l'Enfer, surtout venant d'un Takao Nakano qu'on a connu beaucoup plus pervers. Le gore est conventionnel et les plans nichons sont franchement rares. Mais cette Sola (ou Sora) Aoi a de bien jolis poumons et une voix sexy en diable.

lundi 4 avril 2011

Maneater Series : nos amis les mangeurs d'hommes


Critiques.
L'Antre de la bête s'intéresse à la série Maneater, compilation de longs-m
étrages horrifiques essentiellement produite pour la chaîne SyFy mettant en scène des bestioles mangeuses d'hommes.
J'ai une passion particulière pour les films d'attaques animales. Sans doute parce qu'ils combinent à la fois le plaisir de voir le monde animal prendre sa revanche sur la bêtise humaine, des scénarios improbables de mutations génétiques, de radiations nucléaires, d'épidémies ravageuses transformant les bébêtes en créatures carnassières, et des effets spéciaux alliant images numériques, technologie "animatronique" et créations artisanales, associés au dressage de véritables animaux, rivalisant d'ingénuité pour donner aux bestioles un aspect à la fois crédible et menaçant. Le sous-genre d'attaques animales a surtout été, et demeure aujourd'hui encore, un inépuisable vivier pour producteurs sans le sou, et on ne compte plus les séries B mettant en scènes des créatures avides de chair humaine. Hors du sentier balisé des pré-copies de futurs succès à gros budgets, The Asylum s'est notamment lancé dernièrement dans une série de produits aux titres improbables (Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Piranha, Mega Shark Vs. Crocosaurus...), sur lesquels nous reviendront sûrement un de ces jours. Je vous invite par ailleurs à vous rendre sur l'excellent site francophone Animalattack.info, qui répertorie et critique avec une exhaustivité impressionnante tous les films du genre.
Mais c'est la série Maneater qui attire aujourd'hui notre attention. Dès 2007, RHI Entertainment produit pour la chaîne américaine Sci Fi Channel une anthologie de longs-métrages fantastiques mettant en scène des créatures dévoreuses d'hommes. Il y sera question tout autant d'animaux existant (ours, tigre, fourmis, singes...) que d'espèces non-répertoriées dérivant de la mythologie ou de quelconque légende (gargouilles, yéti, loups-garous, monstre des marécages...). SyFy alimentera aussi ses programmes d'autres films du même acabit produits par d'autres boites (comme Cinetel). Parmi les points communs à toutes ces pellicules: un langage modéré (tout juste quelques "son of a bitch" par-ci par-là), des débordements sanglants contenus, format télévisé oblige, des têtes d'affiches qui n'ont plus depuis longtemps les honneurs du grand écran (F. Murray Abraham, Michael Madsen, Lou Diamond Phillips, Ben Cross...), des tournages délocalisés entre le Canada, la Roumanie et la Thaïlande, et des jaquettes aguichantes qui sur-vendent le produit. Tour d'horizon des titres que j'ai eu l'occasion de visionner.

Les bonnes pioches

Sand Serpents de Jeff Renfroe avec Jason Gedrick. Il est toujours bon, dans un film dit "d'attaques animales", de montrer lesdites bestioles le plus possible, car après tout c'est pour elle que nous sommes là. Cet opus n'est pas avare en plans larges sur les "serpents de sable", en réalité de gigantesques invertébrés carnivores qui viennent perturber la guerre que se livrent soldats américains et Taliban dans une région rocailleuse d'Afghanistan reconstituée aux environs de Bucarest. Script original, personnages attachants, effets numériques convaincants, le haut du panier de la série.
Croc de Stewart Raffill avec Michael Madsen. D'abord il y a la Thaïlande. Des filles à se damner. Puis il y a le croco. Et celui-ci est un vrai méchant, un monstre bouffeur d'enfants qui hante les abords d'une station balnéaire. Pas d'effets digitaux minables mais l'utilisation d'un véritable animal, filmé sous tous les angles, habilement remplacé par une doublure faite mains pour les attaques, qui sont nombreuses et toujours spectaculaires. Michael Madsen profite de son séjour tous frais payés en Asie dans un rôle de chasseur d'amphibiens qui lui va bien. Pour résumer, la Thaïlande, les filles, Madsen, un méga croco qui a de la gueule. Sous des faux airs d'énième DTV moisi, un bon petit film de crocodile vorace qui vaut bien les deux suites de Lake Placid.

Les moyens bof

Rise of the Gargoyles de Bill Corcoran avec Eric Balfour et Nick Mancuso. Tournée en studio en Roumanie, l'histoire est censée se passer à Paris, et l'illusion fonctionne mieux que dans le nullissime Catacombs (voir critique), car les seconds rôles n'ont pas d'accent de l'Est et les vues aériennes de la capitale sont là pour rappeler le contexte. Eric Balfour, auquel on promettait une carrière fulgurante et qui enchaîne avec une constance dangereuse les low-budget destinés au marché vidéo (dont Dinoshark, une récente production Corman avec une autre bestiole dont on devine l'aspect), est un professeur d'antiquité en poste à Paris qui affronte des gargouilles en images de synthèse, cachées dans les décombres d'une église. Il y a un inspecteur de police franchouillard très cliché, des boyaux éparpillés un peu partout, une décapitation rigolote, une journaliste qui bosse pour Ici France (sic). Réalisé avec professionnalisme et jamais ennuyeux.
Sea Beast de Paul Ziller avec Corin Nemec. Après un début très laborieux, cette production Cinetel tournée au Canada offre son lot de cadavres déchiquetés et d'attaques violentes. On ne saura jamais d'où vient la créature amphibie qui s'en prend à un petit port de pêche, celle-ci a le pouvoir de se rendre transparente, de propulser un venin paralysant et de pondre des centaines d'œufs à une vitesse fulgurante. Elle peut aussi grimper aux arbres et utiliser sa langue élastique pour capturer ses proies. Je baptise cette nouvelle espèce "la baudroie-caméléon géante ovipare-vinicole-venimeuse de Colombie-Britannique".

Les vilains petits canards

Blood Monkey de Robert Young avec F. Murray Abraham. Celui-ci est tourné en Thaïlande, et il ne s'y passe absolument rien. Les apparitions du prétendu singe sanguinaire qui pourchasse des étudiants naïfs à travers la jungle sont réduites à des jeux d'ombres et des gros plans numériques très laids de canines baveuses. Une pure perte de temps.
Hellhounds de Rick Schroder avec Ben Cross. Étonnant de voir Rick Schroder, ancien enfant-star et Petit Lord Fauntleroy tombé en disgrâce, aux commandes de ce croisement improbable entre Zoltan, le chien de Dracula et un épisode de Xena. Si le décor est plutôt séduisant (la Grèce antique) et l'intrigue originale (un guerrier descends aux Enfers pour y ramener son épouse assassinée), la promenade des héros dans les abîmes de l'Enfer selon Hadès s'avère fort peu passionnante, d'autant que les molosses que nous promet le titre sont moches à pleurer. Tourné en Roumanie.
Grizzly Rage de David DeCoteau avec des gens pas connus. Quand il n'est pas occupé à réaliser des cochoncetés érotico-homo-fantastiques, David DeCoteau est débauché pour filmer un grizzly dans un parc naturel et, par la magie du montage, faire comme s'il poursuivait de sa vindicte quatre abrutis qui ont osé tuer son ourson. La seule satisfaction que procure ce téléfilm sans panache, c'est que pour une fois, c'est l'animal qui triomphe.

samedi 2 avril 2011

Décès de Michael Gough

Info. Rien, nothing, nada, nimic tant sur les sites spécialisés que dans la rubrique "Carnet" du Monde.fr, sur la mort de Michael Gough, le mois dernier, à l'âge de 94 ans. Et ceux qui en ont parlé se contentent seulement d'évoquer Alfred, le majordome de Batman et de courtes apparitions dans d'autres films de Tim Burton. Mais Michael Gough, au cours d'une carrière d'une longévité exceptionnelle, a illuminé de sa "upper-class british" prestance des films qui ont marqué l'Histoire du cinéma britannique. Rappelons qu'après avoir côtoyé Alec Guinness dans L'homme au complet blanc d'Alexander Mackendrick, il a participé au tout premier Dracula de Terence Fisher produit par Hammer Films en 1958 et a tenu le rôle principal d'un véritable classique de l'épouvante anglaise : Crimes au musée des horreurs d'Arthur Crabtree. Je me souviens également de lui dans un épisode du film à sketches Le train des épouvantes (une production Amicus) où il est un artiste-peintre victime d'un critique d'art fruste joué par Christopher Lee. Il est aussi le seul acteur de renom qui jalonne la filmographie bis de l'artisan Norman J. Warren (dans Satan's Slave). Bref, on constate que Michael Gough, dont la silhouette longiligne et le visage émacié étaient reconnaissables entre mille, était bien plus que le fidèle serviteur de l'homme-chauve-souris, même s'il faut admettre que ce rôle a contribué à le faire connaître au-delà du Royaume.