jeudi 31 mars 2011

Aspects du nouveau cinéma d'horreur australien



Critiques. Focus sur quelques productions récentes qui viennent nous rappeler que l'Australie fait régulièrement du bon boulot dans le genre qui nous passionne.



Alors que
l'attendu The Reef, tourné par l'un des réalisateurs du mésestimé Black Water, est sorti dans le courant du mois de mars en salles en Australie (alors qu'il est déjà disponible en DVD au Royaume-Uni !), j'ai emprunté au vidéo-club du coin une poignée de films de genre locaux, dont certains peineront sans doute à parvenir jusqu'à chez nous. Je n'ai pas gaspillé mon argent, pour sûr. Première claque dans la gueule : The Horseman de Steven Kastrissios, un film de vengeance bien trash qui se hisserait presque au niveau d'un Harry Brown, par son discours nihiliste et son attrait pour le glauque. Réalisé dans des teintes de couleurs pales et granuleuses, le scénario suit simplement la quête de justice d'un père dont la fille, tombée dans l'escarcelle d'un réseau de vidéos snuff, est retrouvée morte victime d'overdose. Rien de plus ni de moins qu'une succession froide et violente d'actes de vengeance et de torture à travers l'état du Queensland, que l'arrivée d'une jeune fille en fuite paraît un instant ramener vers la voie de la raison et du renoncement, avant un final d'une brutalité mémorable. Inédit chez nous.

Deuxième claque dans la gueule: The Loved Ones, que les spectateurs du festival de Gérardmer ont pu apprécier cette année. Ce premier long-métrage de Sean Byrne met en scène un duo de psychopathes inédits : une jeune fille délaissée par les garçons et son père. Ces charmants personnages kidnappent l'imprudent qui a refusé d'être le cavalier de la belle au bal de promo et lui font subir d'éprouvants outrages. Outre l'abondance toujours réjouissante d'hémoglobine et l'atmosphère de folie et d'hystérie qui habite le huis-clos, le film surprend par sa construction. Le supplice du malheureux est entrecoupé de séquences plus légères, et fort peu utiles à l'intrigue, de la virée nocturne de son meilleur pote avec une gothique asociale (pléonasme). Ce qui pourrait alourdir le récit vient au contraire renforcer le malaise provoqué par le calvaire du jeune homme. Notons une délicieuse composition de John Brumpton (inoubliable dans le dérangeant Dance Me to My Song de Rolf De Heer), au faciès si particulier, dans le rôle du père hypnotisé par la furie de sa fille, et une jolie BO incluant le formidable Not Pretty Enough par la chanteuse country australienne Kasey Chambers.
L'acteur qui monte Xavier Samuel est le dénominateur commun entre The Loved Ones et Road Train, autre production australienne à avoir fait récemment son apparition dans les vidéo-clubs du pays. Comme dans bon nombre de films avant celui-ci, ce sont les vastes étendues du bush, qui servent d'inquiétant décor naturel à une intrigue qui, dans ses premières minutes, rappelle vaguement le Road Games de Richard Franklin, avec son gigantesque camion-remorqueur (le "road train") arpentant les longues routes désertes de l'outback, puis prenant en chasse un quatuor de jeunes citadins en partance pour faire du camping. La comparaison avec le classique de Franklin s'arrête là, d'abord parce que l'aspect fantastique prend rapidement le dessus (les personnages perdent peu à peu le contrôle d'eux-mêmes, comme possédés par l'esprit du véhicule), ensuite parce que le suspense se désagrège progressivement, la faute à un manque de rythme et à plusieurs invraisemblances dans le récit. On déplore en outre que le caractère maléfique du camion, personnage central, ne soit pas mieux exploité.
Storm Warning marquait le retour de Jamie Blanks, qui n'a pas eu la carrière escomptée avec le succès d'estime de Urban Legend, l'un des meilleurs slashers de la vague post-Scream. Loin de Hollywood, le natif de Melbourne est revenu sur ses terres pour un projet purement australien, d'après un script d'Everett DeRoche, le scénariste emblématique des films d'Ozploitation. Un couple parti pêcher est pris dans une tempête et échoue sur une île habitée par un agriculteur dément (John Brumpton, déjà) et ses deux rejetons attardés. Quiconque aura, comme mois, passé plusieurs mois au fin fonds du bush, entouré d'Aborigènes imbibés, de fermiers rustres et de vagabonds belliqueux comprendra que le portrait de ces autochtones agressifs n'est pas que pure fantaisie. Habité par des dialogues bruts jouant savamment de la "redneckitude" des personnages, porté par le talent de notre Nadia Farès nationale et doté d'une dernière demi-heure gigantesque, ce Storm Warning est une réussite, que Blanks s'est empressé de ne pas concrétiser en réalisant par la suite un remake inutile d'un fleuron de l'Ozploitation, Long Weekend.

lundi 21 mars 2011

Un DVD australien pour Machete Maidens Unleashed!



Info. Un scoop : le documentaire de Mark Hartley sur les grandes heures du cinéma d'exploitation philippin, Machete Maidens Unleashed!, qui a déjà fait le tour des festivals (dont Gérardmer), pourrait connaître une première commercialisation en DVD en Australie d'ici le mois prochain. C'est vraisemblablement l'éditeur Umbrella Entertainment qui aura la primeur de cette avant-première mondiale. Umbrella étant à l'Australie ce que TF1 Vidéo est à la France, le DVD ne sera pas bien difficile à trouver. L'information m'a été révélée au téléphone par Andrew Leavold, LE monsieur cinéma-bis-philippin des Antipodes, qui a participé audit documentaire et prépare un livre sur le sujet qui s'annonce incontournable. Le blog d'Andrew est accessible ici.

lundi 7 février 2011

Les débuts d'Udo Kier en bonus DVD

Info. Quiconque apprécie chaque délicieuse apparition du vénéneux Udo Kier, où que ce soit (chez Lars von Trier ou Uwe Boll), sera ravi d'apprendre qu'il aura bientôt la non moins délicieuse opportunité de voir notre Teuton fou dans sa première expérience d'acteur. C'était en 1966 dans un court-métrage de Michael Sarne, Road to St. Tropez. Dans ses entretiens avec la presse, Udo ne manque jamais une occasion d'évoquer ce film rarissime, qu'il sera désormais possible de découvrir sous forme de supplément au DVD de Joanna, long-métrage du même Michael Sarne avec Donald Sutherland, que l'éditeur anglais BFI commercialisera à partir du 25 avril 2011 sous son label "Flipside" (consacré aux films d'exploitation britanniques). La présence de court mérite à lui seul l'achat de la chose.



mardi 18 janvier 2011

Rutger with a Shotgun


Info. Merveilleuse année qui s'annonce, car elle marquera peut-être un retour en grâce, celui de ma tronche de cuir favorite, de ma carcasse batave préférée, celui pour lequel j'ai écumé pendant (trop) longtemps les fonds de bacs des revendeurs d'occasion, le seul, l'unique, le grand Rutger Hauer. Le site 1kult a mis dernièrement en ligne une notule faisant mention d'une bande-annonce et d'affiches officieuses très aguichantes de Hobo with a Shotgun. Il s'agit en fait de la deuxième des cinq "fausses" bandes-annonces ayant accompagné à l'époque les sorties de Death Proof et Planet Terror à faire l'objet d'un long-métrage, après Machete. La bonne nouvelle, c'est que le film a l'air d'un pur "vigilante movie" (film d'auto-justice) à l'ancienne, bien réac et bien extrême. L'énorme nouvelle, c'est que Rutger lui-même y tient le rôle principal du "clodo au fusil". Peut-être l'année de la résurrection pour le vieux blond, car on le verra aux côtés de Franco Nero dans un thriller religieux, The Rite. Qu'on se le dise, Rutger is back !

lundi 17 janvier 2011

Nonnes Trop Bonnes Qui Dégomment

Critique. C'est mon compère Frédo la Belette qui m'en a le premier mis l'eau à la bouche. Un film qui fait parler de lui sur les forums internet (non, je n'ai pas dit "qui fait le beuze" tant cette expression m'horripile presque autant qu'un discours de Ségolène Royal) depuis quelques semaines, sans qu'aucun de nos sites spécialisés ne s'y soit intéressé. Nude Nuns with Big Guns a pourtant tout pour plaire. Ce film d'exploitation dans le pur style "grindhouse" (image vieillie pour la circonstance) est du à un certain Joseph Guzman, déjà auteur d'un Run Bitch Run ! remarqué ici et là dans quelques festivals. Rejeton Z de l'Ange de la vengeance de Ferrara, Nude Nuns with Big Guns (littéralement "Nonnes nues avec gros calibres") manie sans subtilité mais avec frénésie et audace deux sous-genres chéris en ces lieux : le "nunsploitation" (film de nonnes) et le "rape & revenge" (viol et vengeance). Sans aller chercher bien loin, on comprend donc qu'il est question d'une bonne sœur en colère qui va nettoyer la ville d'une bande de méchants lubriques à grands coups de pétoire. Si le gore n'est guère impressionnant, signalons le nombre réjouissant de nichons et poils pubiens qui traversent la pellicule. Au milieu d'un casting féminin bien équilibré entre beautés naturelles peu charnues et poupées siliconées venues du porno, Asun Ortega porte l'habit de nonne (sans rien dessous) avec prestance. Aucun DVD n'est disponible pour l'instant, mais une aguiche est visible sur Youtube.

jeudi 13 janvier 2011

En attendant le Dictionnaire...


Info. J'ai été parmi les premiers à souscrire au
Dictionnaire des Films Français Érotiques et Pornographiques en 16 et 35 mm, à paraître au mois d'avril 2011 chez Serious Publishing et qui s'annonce monstrueux. En allant faire un tour sur le blog de son rédacteur en chef Christophe Bier, on constate avec étonnement que les 300 premières souscriptions, ouvertes depuis le mois d'octobre 2010 et donnant lieu à un tarif préférentiel et un "cadeau" (le DVD d'un porno rarissime, Maléfices Pornos d'Eric de Winter) ne semblent pas encore atteintes. On s'en étonne en effet, car on pensait que les amateurs de polissonneries gauloises en quête d'un ouvrage de référence sur le sujet allaient se bousculer au portillon. Gageons que d'ici avril, il n'y aura plus à s'en préoccuper...

mercredi 12 janvier 2011

Un troisieme coffret Ozploitation chez Umbrella


Info. C'est aujourd'hui, mercredi 12 janvier 2011, que l'éditeur australien Umbrella Entertainment, dont nous avions déjà parlé par le passé, sort un troisième coffret consacré à l'Ozploitation, à savoir le film de genre réalisé en Australie au cours des années 70/80. A l'exception de Patrick, qu'Umbrella avait déjà commercialisé individuellement, les autres films proposés sont, à ma connaissance, inédits en France en DVD. Ce coffret comprend donc une nouvelle aventure de Barry McKenzie (Barry McKenzie Holds his Own de Bruce Beresford, avec Donald Pleasence), un western avec un hors-la-loi irlandais pendant la ruée vers l'or dans l'Outback (Mad Dog Morgan avec Dennis Hopper), une comédie d'espionnage (Les Patterson Saves the World de George Miller), ainsi que deux documentaires coquins et une fiction friponne signés John D. Lamont, une figure méconnue et pourtant indispensable de la libération sexuelle en Australie (Australia After Dark, The ABC of Love and Sex et Felicity). Tous ces films sont proposés en version anglaise sans sous-titres. A noter que John D. Lamont a aussi tâté de l'horreur (Nightmares, aussi disponible chez Umbrella). Peut-être me fendrai-je un de ces quatre d'un article sur cet artisan proprement fascinant, que l'on peut voir s'exprimer avec force décontraction dans le documentaire Not Quite Hollywood.