lundi 4 avril 2011

Maneater Series : nos amis les mangeurs d'hommes


Critiques.
L'Antre de la bête s'intéresse à la série Maneater, compilation de longs-m
étrages horrifiques essentiellement produite pour la chaîne SyFy mettant en scène des bestioles mangeuses d'hommes.
J'ai une passion particulière pour les films d'attaques animales. Sans doute parce qu'ils combinent à la fois le plaisir de voir le monde animal prendre sa revanche sur la bêtise humaine, des scénarios improbables de mutations génétiques, de radiations nucléaires, d'épidémies ravageuses transformant les bébêtes en créatures carnassières, et des effets spéciaux alliant images numériques, technologie "animatronique" et créations artisanales, associés au dressage de véritables animaux, rivalisant d'ingénuité pour donner aux bestioles un aspect à la fois crédible et menaçant. Le sous-genre d'attaques animales a surtout été, et demeure aujourd'hui encore, un inépuisable vivier pour producteurs sans le sou, et on ne compte plus les séries B mettant en scènes des créatures avides de chair humaine. Hors du sentier balisé des pré-copies de futurs succès à gros budgets, The Asylum s'est notamment lancé dernièrement dans une série de produits aux titres improbables (Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Piranha, Mega Shark Vs. Crocosaurus...), sur lesquels nous reviendront sûrement un de ces jours. Je vous invite par ailleurs à vous rendre sur l'excellent site francophone Animalattack.info, qui répertorie et critique avec une exhaustivité impressionnante tous les films du genre.
Mais c'est la série Maneater qui attire aujourd'hui notre attention. Dès 2007, RHI Entertainment produit pour la chaîne américaine Sci Fi Channel une anthologie de longs-métrages fantastiques mettant en scène des créatures dévoreuses d'hommes. Il y sera question tout autant d'animaux existant (ours, tigre, fourmis, singes...) que d'espèces non-répertoriées dérivant de la mythologie ou de quelconque légende (gargouilles, yéti, loups-garous, monstre des marécages...). SyFy alimentera aussi ses programmes d'autres films du même acabit produits par d'autres boites (comme Cinetel). Parmi les points communs à toutes ces pellicules: un langage modéré (tout juste quelques "son of a bitch" par-ci par-là), des débordements sanglants contenus, format télévisé oblige, des têtes d'affiches qui n'ont plus depuis longtemps les honneurs du grand écran (F. Murray Abraham, Michael Madsen, Lou Diamond Phillips, Ben Cross...), des tournages délocalisés entre le Canada, la Roumanie et la Thaïlande, et des jaquettes aguichantes qui sur-vendent le produit. Tour d'horizon des titres que j'ai eu l'occasion de visionner.

Les bonnes pioches

Sand Serpents de Jeff Renfroe avec Jason Gedrick. Il est toujours bon, dans un film dit "d'attaques animales", de montrer lesdites bestioles le plus possible, car après tout c'est pour elle que nous sommes là. Cet opus n'est pas avare en plans larges sur les "serpents de sable", en réalité de gigantesques invertébrés carnivores qui viennent perturber la guerre que se livrent soldats américains et Taliban dans une région rocailleuse d'Afghanistan reconstituée aux environs de Bucarest. Script original, personnages attachants, effets numériques convaincants, le haut du panier de la série.
Croc de Stewart Raffill avec Michael Madsen. D'abord il y a la Thaïlande. Des filles à se damner. Puis il y a le croco. Et celui-ci est un vrai méchant, un monstre bouffeur d'enfants qui hante les abords d'une station balnéaire. Pas d'effets digitaux minables mais l'utilisation d'un véritable animal, filmé sous tous les angles, habilement remplacé par une doublure faite mains pour les attaques, qui sont nombreuses et toujours spectaculaires. Michael Madsen profite de son séjour tous frais payés en Asie dans un rôle de chasseur d'amphibiens qui lui va bien. Pour résumer, la Thaïlande, les filles, Madsen, un méga croco qui a de la gueule. Sous des faux airs d'énième DTV moisi, un bon petit film de crocodile vorace qui vaut bien les deux suites de Lake Placid.

Les moyens bof

Rise of the Gargoyles de Bill Corcoran avec Eric Balfour et Nick Mancuso. Tournée en studio en Roumanie, l'histoire est censée se passer à Paris, et l'illusion fonctionne mieux que dans le nullissime Catacombs (voir critique), car les seconds rôles n'ont pas d'accent de l'Est et les vues aériennes de la capitale sont là pour rappeler le contexte. Eric Balfour, auquel on promettait une carrière fulgurante et qui enchaîne avec une constance dangereuse les low-budget destinés au marché vidéo (dont Dinoshark, une récente production Corman avec une autre bestiole dont on devine l'aspect), est un professeur d'antiquité en poste à Paris qui affronte des gargouilles en images de synthèse, cachées dans les décombres d'une église. Il y a un inspecteur de police franchouillard très cliché, des boyaux éparpillés un peu partout, une décapitation rigolote, une journaliste qui bosse pour Ici France (sic). Réalisé avec professionnalisme et jamais ennuyeux.
Sea Beast de Paul Ziller avec Corin Nemec. Après un début très laborieux, cette production Cinetel tournée au Canada offre son lot de cadavres déchiquetés et d'attaques violentes. On ne saura jamais d'où vient la créature amphibie qui s'en prend à un petit port de pêche, celle-ci a le pouvoir de se rendre transparente, de propulser un venin paralysant et de pondre des centaines d'œufs à une vitesse fulgurante. Elle peut aussi grimper aux arbres et utiliser sa langue élastique pour capturer ses proies. Je baptise cette nouvelle espèce "la baudroie-caméléon géante ovipare-vinicole-venimeuse de Colombie-Britannique".

Les vilains petits canards

Blood Monkey de Robert Young avec F. Murray Abraham. Celui-ci est tourné en Thaïlande, et il ne s'y passe absolument rien. Les apparitions du prétendu singe sanguinaire qui pourchasse des étudiants naïfs à travers la jungle sont réduites à des jeux d'ombres et des gros plans numériques très laids de canines baveuses. Une pure perte de temps.
Hellhounds de Rick Schroder avec Ben Cross. Étonnant de voir Rick Schroder, ancien enfant-star et Petit Lord Fauntleroy tombé en disgrâce, aux commandes de ce croisement improbable entre Zoltan, le chien de Dracula et un épisode de Xena. Si le décor est plutôt séduisant (la Grèce antique) et l'intrigue originale (un guerrier descends aux Enfers pour y ramener son épouse assassinée), la promenade des héros dans les abîmes de l'Enfer selon Hadès s'avère fort peu passionnante, d'autant que les molosses que nous promet le titre sont moches à pleurer. Tourné en Roumanie.
Grizzly Rage de David DeCoteau avec des gens pas connus. Quand il n'est pas occupé à réaliser des cochoncetés érotico-homo-fantastiques, David DeCoteau est débauché pour filmer un grizzly dans un parc naturel et, par la magie du montage, faire comme s'il poursuivait de sa vindicte quatre abrutis qui ont osé tuer son ourson. La seule satisfaction que procure ce téléfilm sans panache, c'est que pour une fois, c'est l'animal qui triomphe.

samedi 2 avril 2011

Décès de Michael Gough

Info. Rien, nothing, nada, nimic tant sur les sites spécialisés que dans la rubrique "Carnet" du Monde.fr, sur la mort de Michael Gough, le mois dernier, à l'âge de 94 ans. Et ceux qui en ont parlé se contentent seulement d'évoquer Alfred, le majordome de Batman et de courtes apparitions dans d'autres films de Tim Burton. Mais Michael Gough, au cours d'une carrière d'une longévité exceptionnelle, a illuminé de sa "upper-class british" prestance des films qui ont marqué l'Histoire du cinéma britannique. Rappelons qu'après avoir côtoyé Alec Guinness dans L'homme au complet blanc d'Alexander Mackendrick, il a participé au tout premier Dracula de Terence Fisher produit par Hammer Films en 1958 et a tenu le rôle principal d'un véritable classique de l'épouvante anglaise : Crimes au musée des horreurs d'Arthur Crabtree. Je me souviens également de lui dans un épisode du film à sketches Le train des épouvantes (une production Amicus) où il est un artiste-peintre victime d'un critique d'art fruste joué par Christopher Lee. Il est aussi le seul acteur de renom qui jalonne la filmographie bis de l'artisan Norman J. Warren (dans Satan's Slave). Bref, on constate que Michael Gough, dont la silhouette longiligne et le visage émacié étaient reconnaissables entre mille, était bien plus que le fidèle serviteur de l'homme-chauve-souris, même s'il faut admettre que ce rôle a contribué à le faire connaître au-delà du Royaume.

jeudi 31 mars 2011

Aspects du nouveau cinéma d'horreur australien



Critiques. Focus sur quelques productions récentes qui viennent nous rappeler que l'Australie fait régulièrement du bon boulot dans le genre qui nous passionne.



Alors que
l'attendu The Reef, tourné par l'un des réalisateurs du mésestimé Black Water, est sorti dans le courant du mois de mars en salles en Australie (alors qu'il est déjà disponible en DVD au Royaume-Uni !), j'ai emprunté au vidéo-club du coin une poignée de films de genre locaux, dont certains peineront sans doute à parvenir jusqu'à chez nous. Je n'ai pas gaspillé mon argent, pour sûr. Première claque dans la gueule : The Horseman de Steven Kastrissios, un film de vengeance bien trash qui se hisserait presque au niveau d'un Harry Brown, par son discours nihiliste et son attrait pour le glauque. Réalisé dans des teintes de couleurs pales et granuleuses, le scénario suit simplement la quête de justice d'un père dont la fille, tombée dans l'escarcelle d'un réseau de vidéos snuff, est retrouvée morte victime d'overdose. Rien de plus ni de moins qu'une succession froide et violente d'actes de vengeance et de torture à travers l'état du Queensland, que l'arrivée d'une jeune fille en fuite paraît un instant ramener vers la voie de la raison et du renoncement, avant un final d'une brutalité mémorable. Inédit chez nous.

Deuxième claque dans la gueule: The Loved Ones, que les spectateurs du festival de Gérardmer ont pu apprécier cette année. Ce premier long-métrage de Sean Byrne met en scène un duo de psychopathes inédits : une jeune fille délaissée par les garçons et son père. Ces charmants personnages kidnappent l'imprudent qui a refusé d'être le cavalier de la belle au bal de promo et lui font subir d'éprouvants outrages. Outre l'abondance toujours réjouissante d'hémoglobine et l'atmosphère de folie et d'hystérie qui habite le huis-clos, le film surprend par sa construction. Le supplice du malheureux est entrecoupé de séquences plus légères, et fort peu utiles à l'intrigue, de la virée nocturne de son meilleur pote avec une gothique asociale (pléonasme). Ce qui pourrait alourdir le récit vient au contraire renforcer le malaise provoqué par le calvaire du jeune homme. Notons une délicieuse composition de John Brumpton (inoubliable dans le dérangeant Dance Me to My Song de Rolf De Heer), au faciès si particulier, dans le rôle du père hypnotisé par la furie de sa fille, et une jolie BO incluant le formidable Not Pretty Enough par la chanteuse country australienne Kasey Chambers.
L'acteur qui monte Xavier Samuel est le dénominateur commun entre The Loved Ones et Road Train, autre production australienne à avoir fait récemment son apparition dans les vidéo-clubs du pays. Comme dans bon nombre de films avant celui-ci, ce sont les vastes étendues du bush, qui servent d'inquiétant décor naturel à une intrigue qui, dans ses premières minutes, rappelle vaguement le Road Games de Richard Franklin, avec son gigantesque camion-remorqueur (le "road train") arpentant les longues routes désertes de l'outback, puis prenant en chasse un quatuor de jeunes citadins en partance pour faire du camping. La comparaison avec le classique de Franklin s'arrête là, d'abord parce que l'aspect fantastique prend rapidement le dessus (les personnages perdent peu à peu le contrôle d'eux-mêmes, comme possédés par l'esprit du véhicule), ensuite parce que le suspense se désagrège progressivement, la faute à un manque de rythme et à plusieurs invraisemblances dans le récit. On déplore en outre que le caractère maléfique du camion, personnage central, ne soit pas mieux exploité.
Storm Warning marquait le retour de Jamie Blanks, qui n'a pas eu la carrière escomptée avec le succès d'estime de Urban Legend, l'un des meilleurs slashers de la vague post-Scream. Loin de Hollywood, le natif de Melbourne est revenu sur ses terres pour un projet purement australien, d'après un script d'Everett DeRoche, le scénariste emblématique des films d'Ozploitation. Un couple parti pêcher est pris dans une tempête et échoue sur une île habitée par un agriculteur dément (John Brumpton, déjà) et ses deux rejetons attardés. Quiconque aura, comme mois, passé plusieurs mois au fin fonds du bush, entouré d'Aborigènes imbibés, de fermiers rustres et de vagabonds belliqueux comprendra que le portrait de ces autochtones agressifs n'est pas que pure fantaisie. Habité par des dialogues bruts jouant savamment de la "redneckitude" des personnages, porté par le talent de notre Nadia Farès nationale et doté d'une dernière demi-heure gigantesque, ce Storm Warning est une réussite, que Blanks s'est empressé de ne pas concrétiser en réalisant par la suite un remake inutile d'un fleuron de l'Ozploitation, Long Weekend.

lundi 21 mars 2011

Un DVD australien pour Machete Maidens Unleashed!



Info. Un scoop : le documentaire de Mark Hartley sur les grandes heures du cinéma d'exploitation philippin, Machete Maidens Unleashed!, qui a déjà fait le tour des festivals (dont Gérardmer), pourrait connaître une première commercialisation en DVD en Australie d'ici le mois prochain. C'est vraisemblablement l'éditeur Umbrella Entertainment qui aura la primeur de cette avant-première mondiale. Umbrella étant à l'Australie ce que TF1 Vidéo est à la France, le DVD ne sera pas bien difficile à trouver. L'information m'a été révélée au téléphone par Andrew Leavold, LE monsieur cinéma-bis-philippin des Antipodes, qui a participé audit documentaire et prépare un livre sur le sujet qui s'annonce incontournable. Le blog d'Andrew est accessible ici.

lundi 7 février 2011

Les débuts d'Udo Kier en bonus DVD

Info. Quiconque apprécie chaque délicieuse apparition du vénéneux Udo Kier, où que ce soit (chez Lars von Trier ou Uwe Boll), sera ravi d'apprendre qu'il aura bientôt la non moins délicieuse opportunité de voir notre Teuton fou dans sa première expérience d'acteur. C'était en 1966 dans un court-métrage de Michael Sarne, Road to St. Tropez. Dans ses entretiens avec la presse, Udo ne manque jamais une occasion d'évoquer ce film rarissime, qu'il sera désormais possible de découvrir sous forme de supplément au DVD de Joanna, long-métrage du même Michael Sarne avec Donald Sutherland, que l'éditeur anglais BFI commercialisera à partir du 25 avril 2011 sous son label "Flipside" (consacré aux films d'exploitation britanniques). La présence de court mérite à lui seul l'achat de la chose.



mardi 18 janvier 2011

Rutger with a Shotgun


Info. Merveilleuse année qui s'annonce, car elle marquera peut-être un retour en grâce, celui de ma tronche de cuir favorite, de ma carcasse batave préférée, celui pour lequel j'ai écumé pendant (trop) longtemps les fonds de bacs des revendeurs d'occasion, le seul, l'unique, le grand Rutger Hauer. Le site 1kult a mis dernièrement en ligne une notule faisant mention d'une bande-annonce et d'affiches officieuses très aguichantes de Hobo with a Shotgun. Il s'agit en fait de la deuxième des cinq "fausses" bandes-annonces ayant accompagné à l'époque les sorties de Death Proof et Planet Terror à faire l'objet d'un long-métrage, après Machete. La bonne nouvelle, c'est que le film a l'air d'un pur "vigilante movie" (film d'auto-justice) à l'ancienne, bien réac et bien extrême. L'énorme nouvelle, c'est que Rutger lui-même y tient le rôle principal du "clodo au fusil". Peut-être l'année de la résurrection pour le vieux blond, car on le verra aux côtés de Franco Nero dans un thriller religieux, The Rite. Qu'on se le dise, Rutger is back !

lundi 17 janvier 2011

Nonnes Trop Bonnes Qui Dégomment

Critique. C'est mon compère Frédo la Belette qui m'en a le premier mis l'eau à la bouche. Un film qui fait parler de lui sur les forums internet (non, je n'ai pas dit "qui fait le beuze" tant cette expression m'horripile presque autant qu'un discours de Ségolène Royal) depuis quelques semaines, sans qu'aucun de nos sites spécialisés ne s'y soit intéressé. Nude Nuns with Big Guns a pourtant tout pour plaire. Ce film d'exploitation dans le pur style "grindhouse" (image vieillie pour la circonstance) est du à un certain Joseph Guzman, déjà auteur d'un Run Bitch Run ! remarqué ici et là dans quelques festivals. Rejeton Z de l'Ange de la vengeance de Ferrara, Nude Nuns with Big Guns (littéralement "Nonnes nues avec gros calibres") manie sans subtilité mais avec frénésie et audace deux sous-genres chéris en ces lieux : le "nunsploitation" (film de nonnes) et le "rape & revenge" (viol et vengeance). Sans aller chercher bien loin, on comprend donc qu'il est question d'une bonne sœur en colère qui va nettoyer la ville d'une bande de méchants lubriques à grands coups de pétoire. Si le gore n'est guère impressionnant, signalons le nombre réjouissant de nichons et poils pubiens qui traversent la pellicule. Au milieu d'un casting féminin bien équilibré entre beautés naturelles peu charnues et poupées siliconées venues du porno, Asun Ortega porte l'habit de nonne (sans rien dessous) avec prestance. Aucun DVD n'est disponible pour l'instant, mais une aguiche est visible sur Youtube.