vendredi 17 juillet 2009

Un forum pour les amateurs de VHS

On connaissait Kult-Vhs, devenu récipient à larmes des déçus et frustrés de la disparition de Vhs-Survivors, voici désormais Videohistory, nouveau forum dédié aux amateurs, chercheurs et collectionneurs de vidéocassettes. Cet espace accueillant est administré par Rémy Delpodio, qui a bossé pendant quelques années dans un excellent vidéo-club indépendant de Marseille et qui met régulièrement en vente des titres de sa collection. Allez y faire un tour... J'en profite également pour faire la promotion d'un sympathique blog dont j'ai découvert l'existence par hasard, Le Cinéphile Déviant, riche en critiques de films d'horizons divers.


Bestialità restera-t-il invisible ?

Bestialità de Virgilio Mattei (1974) est réputé dans le milieu pour être un sacré morceau de déviance bien craignos. Il y serait notamment question de zoophilie. Hélas il est bien difficile pour le ciné-archéologue de se faire une opinion tant la bestiole semble proprement invisible. D'après les informations récoltées sur le Net, au terme de longues et profondes recherches dans les tréfonds des pages Google, il semblerait que la seule copie disponible sur le marché soit une VHS italienne (De Laurentiis Ricordi, visuel ci-dessus). Autrement dit, ce n'est pas demain la veille que je parviendrai à assouvir mon vieux fantasme. Pourtant l'irruption récente outre-Atlantique d'un nouvel éditeur spécialisé dans l'exploitation et le bis, Mya Communication, m'avait fait entrevoir l'espoir de goûter enfin au fruit défendu. L'éditeur ne possédant étonnamment pas de site Internet, c'est sur un blog qu'est apparue il y a plusieurs mois une longue liste de titres dont Mya venait d'acquérir les droits, ouvrant ainsi la voie à de probables et imminentes sorties DVD. Hélas, encore hélas, Bestialità ne figure pas dans cette liste. L'unique réalisation de Virgilio Mattei reste manifestement séquestrée quelque part pour des questions de droits...

Karl Malden, c'était aussi....

Un bref article, simplement pour rappeler ce que les différentes biographies résumées de la carrière de Karl «l'homme au gros nez» Malden, décédé la semaine dernière, ont omis de mentionner, à savoir que l'acteur a aussi fait une brève mais remarquée incursion dans le giallo transalpin via le vénéneux Le chat à neuf queues de Dario Argento, où il interprétait avec brio un aveugle témoin (auditif, bien sûr) d'un complot. J'ai revu Karl Malden dernièrement dans Blue, un western mineur du début des années 60 avec Terence Stamp et Ricardo Montalban, dont le principal attrait demeure l'audacieuse photographie du grand Stanley Cortez.

lundi 6 juillet 2009

L'Ozploitation, c'était pas vraiment Hollywood...

Le blog de Jérôme Wybon Forgotten Silver avait évoqué à deux reprises la mise en chantier puis la sortie en DVD d'un documentaire consacré à l'OzPloitation, Not Quite Hollywood, réalisé par Mark Hartley. Le film est en effet sorti en Australie chez l'excellent éditeur Mad Man Films (visuel ci-contre), dans une édition simple et une édition « collector » cartonnée agrémentée de bandes-annonces. Je me suis procuré la première lors d'un séjour à Sydney. Il s'agit d'un documentaire plutôt brillant qui alterne extraits de films et interventions des principaux acteurs qui animèrent pendant presque trois décennies un sous-genre qui bénéficie désormais d'un regain d'intérêt. Parmi les cinéastes emblématiques du genre qui interviennent dans le film figurent George Miller (Mad Max), Tim Burstall (Attack Force Z), Russell Mulcahy (Razorback), Richard Franklin (Patrick, récemment décédé), Brian Trenchard-Smith (Le Drive-In de l'enfer), Simon Wincer (Harlequin), Tony Williams (Montclare, Rendez-vous de l'horreur), Philippe Mora (Hurlement 3 : les Marsupiaux). L'incontournable Tarantino y confie sa passion en tant que fan. On y apprend qu'avant le révolution sexuelle de 1969 la censure en Australie était l'une des plus sévères au monde. On y apprend aussi que sur le tournage de L'homme de Hong-Kong Jimmy Wang Yu traitait ses partenaires féminines avec dédain et se comportait de manière exécrable, de même que Dennis Hopper sur le plateau de Mad Dog Morgan de Philippe Mora. C'est un documentaire vivifiant, foisonnant, qui réunit un nombre impressionnant de personnalités liées de près ou de loin à l'histoire de l'OzPloitation. L'actrice Briony Behets raconte Long Week-End, le comédien Roger Ward s'attarde sur Les Traqués de l'an 2000, Jamie Lee Curtis et Stacy Keach se remémorent avec entrain leur expérience aux Antipodes pour Roadgames, Tarantino se souvient d'une séquence hallucinante dans Fair Game de Mario Andreacchio où Cassandra Delaney est attachée nue à l'avant d'un 4XA et promenée à travers le bush, George Lazenby explique comment, dépité par son éviction du rôle de James Bond, il est revenu dans son Queensland natal pour les besoins d'un improbable film de kung-fu. Bref, c'est riche en anecdotes, jamais ennuyeux, pas avare en extraits de films ni en séquences de tournage. Espérons que Eurocrime, le documentaire que tourne actuellement Mike Malloy sur le polar italien, soit du même acabit.

samedi 13 juin 2009

Australie : Ozploitation movies en DVD

Principal pourvoyeur en Australie de DVD pas chers et de genres très différents, Umbrella Entertainment (dont le logo représente un parapluie jaune souriant) est à l'origine de plusieurs éditions de films dit «d'Ozploitation» (terme désignant le cinéma de genre en provenance d'Australie, principalement actif dans les années 70/80).


Très irrégulière dans la qualité de ses DVD (voir son édition de Gorge Profonde de Gerard Damiano, réduite de 88 à 61 minutes car amputée de tous les passages pornographiques, une aberration !), la maison a toutefois soigné le produit en ce qui concerne les œuvres qui nous intéressent, même si – et ce n'est guère une surprise - tous les films ne sont proposés qu'en version anglaise non sous-titrée C'est ainsi que la plupart des titres disponibles chez l'éditeur sont regroupés sous la forme de deux coffrets comptant en tout treize long-métrages, en plus de bénéficier d'éditions individuelles. La plupart ont déjà fait l'objet de sorties en VHS et/ou DVD en France. Sur le premier volume on peut donc retrouver les excellents Harlequin de Simon Wincer et Les traqués de l'an 2000 de Brian Trenchard-Smith (sous le titre Turkey Shoot) ainsi que des titres moins réputés tels que Roadgames de Richard Franklin, The Adventures of Barry McKenzie de Bruce Beresford, The Naked Bunyip de John B. Murray et deux films d'horreur de Terry Bourke (Night of fear et Inner of the damned). Sur le second volume figurent l'inégalable Long week-end de Colin Eggleston (actuellement soumis au supplice du remake à Hollywood), l'incontournable Razorback de Russell Mulcahy, The Chain Reaction de Ian Barry, Stone de Sandy Harbutt et deux Richard Franklin : The true story of Eskimo Nell et Fantasm. Umbrella a aussi mis sur le marché d'autres représentants du genre vendus à l'unité : c'est le cas de Patrick, l'œuvre la plus connue de Franklin, Le survivant d'un monde parallèle (The Survivor) de David Hemmings, deux œuvres de jeunesse de Peter Weir réunies sur un même disque (The cars that ate Paris et le très méconnu The plumber) ou encore Thirst de Rod Hardy.


Chez d'autres éditeurs, on peut trouver Fair Game de Mario Andreacchio (Beyond Home) et Dead-End Drive In de Brian Trenchard-Smith (Mad Man Entertainment). Toujours chez Mad Man, The man from Hong-Kong, film d'arts martiaux avec Wang Yu et George Lazenby tourné par le même Trenchard-Smith entre l'ex-comptoir britannique et le Queensland, est aussi labellisé «Oz Classic». En revanche, aucune trace de Montclare, rendez-vous de l'horreur (Next of kin), petite perle lugubre de Tony Williams. Que ceux qui possèdent la rarissime VHS de chez PolyGram Video chérissent leur cassette avec dévotion...

The Medusa Touch : Lino Ventura en VO anglaise

Voir un film en version originale a cet avantage non négligeable qu'on peut y entendre les voix originales des acteurs. Cela donne parfois des moments inoubliables. Au cours de sa fructueuse carrière, Lino Ventura n'aura eu que rarement l'opportunité de pratiquer la langue de Shakespeare. Dans The Medusa Touch (sortie en France sous le titre La grande menace), qui constitue par ailleurs l'unique incursion de l'acteur dans le domaine fantastique, Lino interprète un inspecteur de police français chargé d'élucider à Londres l'étrange agression d'un écrivain qui prétend détenir le pouvoir de provoquer des désastres. La grande menace a d'abord été distribué en VHS par Fil à film puis dans une collection « Lino Ventura » vendue en kiosque, avant d'apparaître en DVD en version originale dôtée de sous-titres en français. Voilà donc tout l'intérêt de cette solide édition française. Le DVD australien de MRA entertainment (ci-contre) que j'ai désormais entre les mains permet aussi de goûter au bel accent frenchie de notre Lino national. Étonnamment à l'aise bien qu'isolé au milieu de comédiens british, le Lino s'en sort avec les honneurs. Le mérite en revient peut-être à Jack Gold, metteur en scène polyvalent responsable notamment d'un estimable Les évadés de Sobibor avec Rutger Hauer. Profondément impliqué dans le projet comme producteur, Gold trouve un co-financement en France qui lui impose d'engager au moins une vedette française. Son choix se porte immédiatement sur Lino Ventura, dont il admire la prestance et le professionnalisme. Peu coutumier des tournages hors de France, Ventura se laisse pourtant convaincre de tourner en Angleterre et en langue anglaise. En résulte un film que je qualifierai de magistral tant tout, absolument tout, y est brillamment organisé. Mad Movies, voici quelques années, ne s'y était pas trompé en classant La grande menace parmi les cents chef-d'œuvres du cinéma fantastique. Riche en séquences glaçantes et spectaculaires (un avion s'écrase contre un immeuble, la cathédrale de Westminster s'effondre), le film s'appuie sur un face-à-face subtil (car jamais frontal, les deux hommes s'affrontant par flash-backs) entre le flic rationnel et l'écrivain doué de pouvoirs démoniaques, campé par un Richard Burton en bien piteux état et plus menaçant que jamais. Je recommande une excellente critique du film sur DVDclassik.


vendredi 5 juin 2009

Bonnes pioches au Spanish Film Festival de Sydney


Alors que s'est ouvert récemment le Sydney Film Festival où sont projetés quelques films de genre alléchants tels que Dead Snow du Norvégien Tommy Wirkola avec des zombies nazis et le très attendu Bronson de Nicolas Winding Refn, il convient de revenir sur le Spanish Film Festival qui l'a précédé de quelques semaines. De passage dans la capitale économique australienne à ce moment-là (où j'ai d'ailleurs croisé l'acteur Javier Càmara faisant du shopping), j'en ai profité pour aller prendre le pouls d'une production espagnole et hispanophone toujours très intéressante. Certaines oeuvres méritent que l'on s'y attarde. Produit par les trois grands noms actuels du cinéma mexicain (Del Toro, Iñarritu et Alfonso Cuaron), Rudo and Cursi (ci-dessus) n'est pas passé inaperçu. Première réalisation de Carlos Cuaron (frère de), cette comédie sociale sur le destin de deux frangins issus de la campagne qui deviennent stars du football ose un language fleuri et de spectaculaires séquences dans un stade. Du pur cinéma populaire. Dans un registre différent, signalons le sympathique Make it Look Like an Accident (ci-dessous), dans le lequel Carmen Maura s'embarque dans une dangereuse histoire en voulant à tout prix se débarrasser de son gendre. Une comédie gentimment noire. En attendant de voir ces deux films se pointer en France (ou pas)...