Chose peu banale : j'avais fréquenté l'année dernière un petit festival du film fantastique dont le meilleur film était une comédie romantique, sans la moindre goutte de sang, sans vulgarité ni quoi que ce soit de déviant. Ça s’appellait Zombie Prom et j'attend toujours une sortie en DVD chez nous. Dans un format court de 50 minutes, le réalisateur Vince Marcello, "mentored by Wes Craven" comme l’indique le générique, signe une parodie irrésistible de Grease, racontée sur le mode de la bande dessinée (montage alternant vignettes de BD et séquences filmées). Désespéré d’avoir été repoussé par sa dulcinée, un idiot se jette dans une cuve d’acide et revient sous forme de zombi au teint couleur purée d’avocat. Reconstitution appliquée des années rock’n’roll, chorégraphies et chansons noyées dans le rétro caramélisé (comme, en son temps, le Cry Baby de John Waters), interprétation caricaturale d’où émerge le chanteur travesti RuPaul en directrice de lycée, Zombie Prom est l’exemple idéal du film réalisé avec sérieux mais qui ne se prend pas au sérieux ! Il serait tant qu'un éditeur se penche sérieusement sur son cas.
lundi 28 avril 2008
vendredi 25 avril 2008
De la fin des filières cinéma à l'université
Le gouvernement prévoit la suppression de 11000 postes d'enseignants. Ce grand nettoyage dans la nébuleuse complexe de l'Education Nationale m'amène à évoquer le cas des filières artistiques dans les universités, laissez-passer pour une inscription illico presto à l'ANPE, et plus particulièrement celui des filières "cinéma-audiovisuel". Je suis bien placé pour en parler, j'ai moi-même l'infime "privilège" d'être titulaire d'une maîtrise de recherche en cinéma-audiovisuel. Cet obscur diplôme n'indique pour réelles compétences qu'une improbable aptitude à rédiger un "mémoire". En ce qui me concerne, cela n'est resté qu'à l'état de "pré-mémoire" car, conscient de l'inutilité de telles études sur le marché de l'emploi, j'ai entrepris de faire autre chose. Osons le dire sans ambage : ces facultés de lettres sont peuplées de futurs chômeurs. Si nous raisonnons de manière logique, le parcours scolaire menant jusqu'au Baccalauréat doit permettre à l'élève de se constituer une solide culture générale, doublée d'aptitudes pour telles ou telles disciplines. L'après-Bac devrait être réservé à la professionnalisation de l'étudiant, car en théorie ce dernier doit pouvoir quitter ses études supérieures non plus avec des aptitudes mais avec des compétences. Hélas cela ne se déroule pas ainsi. La faute à la profusion de filières et de diplômes inutiles qui encombrent les plaquettes de nos universités et abusent de la crédulité et des ambitions des bâcheliers. Car l'aspirant étudiant, d'où qu'il vienne, raisonne de la sorte : "Pendant mes années de collège et de lycée, j'ai subi des matières qui ne me plaisaient pas, il est donc tant de faire enfin ce qu'il me plait". Raisonnement compréhensible. L'ennui, c'est que les passionnés de physique, d'électronique ou d'informatique ne sont pas légion. C'est bien connu, le jeune n'a souvent qu'un rêve : être un artiste. Alors, appâté par des diplômes au nom alléchant, il s'engage. Dans une licence de lettres classiques ou de philosophie, dans un master d'anglais ou de "lettres et art". Jusqu'à ce qu'il se rende compte que, sur le marché de l'emploi, ces diplômes ne valent rien. Que faire avec un master de lettres classiques quand on est incapable de maîtriser l'outil informatique ? Que faire avec une licence de philosophie quand on ne connaît rien au droit civil ? Comment faire valoir un master d'anglais quand on ne dispose d'aucune compétence en économie ou en commerce ? La vérité, c'est qu'il n'est plus envisageable de nos jours de raisonner exclusivement en termes d'affinités ou de plaisir lorsque l'on s'engage dans des études supérieures. Il faut penser : "Quel intérêt pour l'économie du futur" ? Ceux qui ne se sont pas posés cette question frappent aujourd'hui aux portes des agences d'intérim, malgré un niveau d'études plus que satisfaisant et une culture générale sans doute fort étendue. La vérité, c'est que nos universités sont remplies de filières génératrices de chômage. La solution, c'est de les supprimer, ou bien de conserver quelques cours en option, inclus dans des filières plus rentrables sur le marché de l'emploi. J'en viendrai, au terme de cette réflexion, à fustiger avec virulence les filières cinéma des universités, tenues par des professeurs imbus de leur personne et convaincus de détenir la vérité vraie parce qu'ils ont un jour publié un essai quelconque criblé de références à Bazin, Mitry et autre Deleuze. Des professeurs qui oublient un peu vite que les malheureux subissant leur propagande "coco-démago" n'ont qu'une seule et unique motivation : la passion du Septième Art. Le kärcher ne devrait pas servir qu'à nettoyer les banlieues, nos chères facultés auraient aussi besoin d'une campagne de dégraissage...
jeudi 24 avril 2008
Enfin un portail Internet pour Monster Bis
Norbert Moutier me l'avait laissé entendre lors de ma dernière visite à la boutique BD Ciné de la rue Pierre Sémard à Paris, il s'apprêtait à disposer d'une vitrine sur Internet ainsi que d'une adresse électronique. Cela semble être désormais chose faîte. Sur le site ci-joint sont répertoriés l'intégrale de la collection de fanzines Monster Bis, dont les dernières nouveautés (dédiées à Rod Cameron et la pin-up allemande Barbara Valentin) et les quelques numéros de la revue Fantastyka encore disponibles. Pour écrire à Norbert Moutier, l'adresse est la suivante : norbert.moutier@free.fr mercredi 23 avril 2008
Mondo Macabro lorgne vers l'Asie
La présentation, au prochain festival Mauvais Genre de Tours, d'un film d'horreur pakistanais distribué par la maison Mondo Macabro, nous donne l'occasion de faire le point sur l'actualité de cet excellent éditeur DVD britannique, fondé par Pete Tombs, par ailleurs co-auteur d'ouvrages fort recommendables sur le cinéma d'exploitation européen. Francophile de la première heure, Tombs est l'initiateur de sublimes éditions des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff de Michel Lemoine (qu'il a interviewé pour l'occasion, nous permettant ainsi de voir à quoi ressemble désormais l'ami Lemoine), de Ne nous délivrez pas du mal de Joël Seria et de La rose écorchée de Claude Mulot, trois chefs-d'oeuvres qui, soit dit en passant, n'ont toujours pas fait l'objet d'une édition française. Depuis quelques temps, Mondo Macabro, apprécié des amateurs pour son catalogue à forte teneur en bis (au hasard, Le moulin des supplices de Giorgio Ferroni), semble délaisser l'Europe pour des contrées asiatiques moins explorées, comme la Turquie ou l'Indonésie. Justement, la dernière nouveauté de Mondo Macabro est un film indonésien de 1979, The Queen of the Black Magic, typique de ce que l'ancienne colonie hollandaise produisait en ce temps-là, inspirée par les légendes et supersitions locales. Il n'est pas impossible que ce film ait déjà fait l'objet d'une duplication VHS chez nous, à l'image d'un cinéma populaire indonésien massivement distribué par nos chers éditeurs du temps jadis.
A court de thunes, Ittenbach compte sur ses fans
Réalisateur de quelques bandes répugnantes (Premutos, The Burning Moon), l'Allemand Olaf Ittenbach, issu de l'école teutonne du "hard-gore" initiée par Jorg Buttgereit (Nekromantik), connaît semble-t-il quelques difficultés à réunir la somme nécessaire au financement de son nouveau projet, une aventure médiévale au fort pourcentage de sang et de tripes baptisée Legend of Hell. Aussi invite-t-il ses admirateurs à participer à la production du film, en échange d'un DVD dédidacé assorti d'autres cadeaux si le montant de la souscription est supérieur à 50 euro. C'est le site de l'association Sin'Art qui se fait le relais de cette initiative originale. Un formulaire est directement accessible à partir du site (ici). lundi 21 avril 2008
Un doc sur Fourniret chez Bach Films
Curieuse initiative de l'éditeur Bach Films, spécialiste des films libres de droits, qui sort un documentaire sur l'affaire Michel Fourniret, du nom de cet abominable tueur en série jugé en ce moment même avec sa compagne Monique Olivier. Il s'agirait d'un documentaire réalisé pour la télévision belge, enrichi de nombreux suppléments, dont une série d'entretiens menés par le dégarni Stéphane Bourgoin, auteur d'une multitude d'ouvrages sur les tueurs en série (dont Les serial killers sont parmi nous, Ed. Albin Michel). Espérons, au vu du sujet délicat, que les entretiens seront un peu mieux foutus que ceux réalisés avec Bourgoin dans le cadre de la collection "Serial Polar", filmés en contre-jour et bourrés de faux-raccords.
Bloody Current Exchange court les festivals
L'excellent court-métrage de Romain Basset Bloody Current Exchange, avec Philippe Nahon, sera présenté en compétition au festival Mauvais Genre de Tours les 8, 9 et 10 mai prochains. Comme je l'avais déjà dit dans mon compte-rendu du festival "Weed-End de la Peur" de Montauroux (à lire sur le site de La Boite à Films), où le film avait déjà été projeté en août dernier, Bloody Current Exclange présente une vraie qualité esthétique, que certains ont pu apprécier en bonus du DVD de Pervert. Tourné dans l'urgence en une seule nuit, il fait pourtant montre d'un travail photographique tout a fait remarquable, la couleur du sang (conçue par le maquilleur qui monte, David Scherer) évoquant par moments le giallo. Une mise en scène astucieusement statique (pas d'effets de caméra grandiloquents) permet de goûter durablement une image chaude et pure. Quant à la présence massive du génial Nahon, elle obstrue certes souvent l'espace filmique mais donne surtout corps à un scénario qui ne tient pas à grand chose, sinon à une relecture intéressante du mythe de la Belle et la Bête, qui ici ne sont pas forcément ceux que l'on croit : la tueuse d'hommes face au vampire, et l'échange de fluides sanglants (traduction littérale du titre) qui s'opère entre eux. Le court du sieur Basset poursuit donc sa tournée des festivals, et ce n'est que justice. Aux dernières nouvelles, le jeune Nancéien préparait un nouveau film, toujours avec Philippe Nahon.
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