dimanche 2 août 2009

Salve de séries B en DVD (3)

Troisième livraison de séries B vues dernièrement en DVD

Snakes on a train de Peter Mervis (A.K.A. The Mallachi Bros).


Tiens donc, une production The Asylum, depuis le temps que j'entends parler de cette boite de prod', j'étais impatient de découvrir ses méfaits. Pour rappel, The Asylum, co-fondée par David Michael Latt, qui a fait ses armes comme réalisateur de zèderies oubliables (dont une suite sans intérêt du déjà bien nul Scarecrow), s'est spécialisée dans le bis au sens authentique et littéral du terme en reproduisant, ou plutôt en anticipant les futurs gros succès du box-office. On doit à cette compagnie fort opportuniste des titres aussi évocateurs que Transmorphers, 2012 Doomsday ou encore The Da Vinci Treasure. La plupart de ces productions au budget microscopique sont destinées au marché américain ou anglophone, d'où la rareté de ces titres en France. Hormis un titre et un visuel évidemment copiés sur le fort sympathique Snakes on the plane, ce Snakes on a train est assez éloigné du film dont il s'inspire. Une Mexicaine victime d'une vieille malédiction Maya la faisant régurgiter des serpents (?!) embarque clandestinement dans un train de nuit qui doit la conduire à Los Angeles afin d'y rencontrer un chamane susceptible de la guérir. Une fois à bord, les bestioles contenues dans des bocaux (pourquoi ne pas les tuer ?? mystère...) s'échappent et sèment la mort dans les wagons. Reposant sur des kilos d'invraisemblances (la nana vomit des serpents minuscules mais les passagers sont attaqués par de gros pythons et autres boas), souffrant d'une interprétation déplorable assurée par des membres de l'équipe technique, la chose distille pourtant, et ce en partie grâce à l'image très laide (c'est un comble !), une ambiance glauque ponctuée de moments plutôt couillus, comme celui où une fillette est engloutie toute crue par un reptile affamé. Bref, nous tenons là en fin de compte un nanar convenable, jusqu'à.... jusqu'à la séquence finale dont les effets numériques sont parmi les plus abominables jamais vus sur un écran. Possédée par le mauvais sort, l'héroïne se transforme en serpent gigantesque qui avale le train avant de se volatiliser par on ne sait quelle magie. C'est ce que l'on appelle pêcher par gourmandise...


Catacombs de Tomm Coker et David Elliot avec Shannyn Sossamon.


Attention daube ! A peine l'héroïne (la mignonnette Shannyn Sossamon, seule raison valable de visionner cette immonde bêtise) débarque-t-elle à Paris pour y retrouver sa frangine que quelque chose, déjà, cloche : les douaniers français qui l'accueillent à l'aéroport ont un drôle d'accent slave ou assimilé. Une grosse dame en uniforme marmonne même un surprenant «Comprendrez-vous français ?». En deux, trois plans nous aurons vite compris que l'aéroport de Roissy se trouve en fait à Bucarest, où ont été reconstituées les catacombes parisiennes. De Paris, la vraie, il faudra simplement se contenter d'une dizaine de plans d'extérieur tournés à la va-vite et sans autorisation (avec en prime, le regard des passants vers la caméra). Uniquement motivés par l'aura sinistre de nos fameux sous-sols mortuaires, prétexte à une histoire stupide de rave party souterraine compromise par la présence d'un fou meurtrier, les producteurs ne se soucient guère de crédibilité. Peu importent donc les inscriptions sur les parois écrites dans un français approximatif et l'accent ridicule des figurants (parmi lesquels j'ai reconnu Cabral Ibacka, célèbre vedette de la télévision roumaine), comptons plutôt sur l'ignorance crasse d'une audience américaine qui n'y verra que du feu. De toute évidence le film n'est pas destiné à être vu en VO par un spectateur de l'Hexagone. Anecdote amusante : évoquant les véritables catacombes reconstituées en studio, l'actrice Alecia Moore (plus connue comme chanteuse sous le nom de Pink) affirme sur le mini-film du tournage «Un de mes amis les a visitées et m'a montré des photos, c'est très ressemblant». Autant que je m'en souvienne, prendre des photos à l'intérieur des catacombes n'est pas autorisé. Mais bon, la blondasse a vraiment l'air de savoir de quoi elle parle....Rutger, ce cigare est trouche ! (The Hunt for Eagle One)


The Hunt for Eagle One de Brian Clyde avec Mark Dacascos, Theresa Randle et Rutger Hauer.


Un film de guerre dans la jungle philippine, comme au bon vieux temps. J'adore ! C'est une production Corman, ce qui est fort séduisant, en association avec le regretté Cirio H. Santiago, ce qui est encore plus séduisant. Et en plus, il y a Rutger Hauer qui mâchouille un gros cigare ! Un cahier des charges relativement bien respecté, avec surabondance de fusillades, d'explosions, de sauts de trampoline et de refrains patriotiques à la noix. On se croirait revenu aux grandes heures de la Cannon, avec Mark Dacascos en Chuck Norris chargé de liquider un chef terroriste et libérer par la même occasion une femme-sergent faite prisonnière par les rebelles. Bien sûr, l'histoire est adaptée aux circonstances actuelles, l'ennemi est donc «le N°2 d'Al-Qaeda en Asie-Pacifique », un sale brute chevelue nommée Abubakar qui défie le gouvernement philippin dans la province musulmane de Mindanao. Le salaud périra criblé de balles en marmonnant des trucs du genre «les infidèles seront anéantis par la volonté d'Allah !» Qu'on se le dise, Roger Corman est toujours dans la partie, il a même embrayé sur une suite plutôt honorable, The Hunt for Eagle One : Crash Point, avec la même distribution, moins Rutger mais plus Jeff Fahey, où les troufions doivent cette fois retrouver les gredins qui ont dérobé un appareil permettant de contrôler à distance les avions de ligne.



Living Death de Erin Berry avec Kristy Swanson.

Un jeune millionnaire arrogant est empoisonné par son épouse et son avocat qui veulent s'approprier ses biens. Mais le flambeur n'est pas vraiment mort et revient se venger... Un curieux objet que ce Living Death, sorte de téléfilm croisé avec un inédit vidéo. Téléfilm car tout y est uniformément plat et sans saveur, de la réalisation à l'intrigue en passant par l'interprétation. Inédit vidéo car on y voit, de temps à autre, des choses un peu crasses, comme des intestins ôtés d'un ventre, un outil planté dans un œil ou des bras arrachés par un instrument de torture. Rien que l'on n'ait déjà vu autre part, mais de quoi faire passer un agréable moment, en compagnie de l'ex-Buffy Kristy Swanson, qui a pris du poids mais joue toujours comme un pied. Produit par l'équipe canadienne déjà responsable de Dead Mary (cf. plus bas).


Mammoth de Tim Cox avec Vincent Ventresca et Tom Skerritt.


Proprement affligeante, cette histoire de mammouth ramené à la vie par la chute d'un météorite d'origine extraterrestre ! L'animal, conservé en état de cryogénisation dans un musée de Louisiane, s'évade et sème la terreur dans la campagne roumaine... là où la seconde partie du film a été tournée. La seule originalité de ce gloubi-boulga indigeste réside dans la nature de l'ennemi, un mammouth, animal qui n'avait jusque là pas encore été ajouté au tableau de chasse cinématographique. Ce dernier est entièrement crée en images de synthèse. Pour le coup, soyons honnêtes, ce n'est pas trop mal foutu. Le vrai mammouth était couvert de fourrure, celui-là ne l'est pas, mais bon, nous mettrons cette anomalie historico-scientifique sur le compte de la parenté pseudo-extraterrestre de la créature. Il ne faut pas s'attendre à d'incessants assauts sanglants, le film étant produit pour la chaîne Sci-Fi Channel, nous n'avons droits qu'à une décapitation hors-champ, un empalement vu de loin et un piétinement partiellement coupé au montage. Le reste est fait de courses dans les champs de maïs et de blabla exaspérant entre le brave docteur (Vincent Ventresca, aussi expressif qu'un Playmobil) et son paternel (Tom Skerritt, qui est tombé bien bas). Conscients qu'il n'y a pas de quoi aller bien loin, les scénaristes se tournent vers l'humour, les personnages crétins et les jeux de mots graveleux. Ça n'arrange pas les choses, au contraire...



Salve de séries B en DVD (2)

Rest Stop de John Shiban avec Jaimie Alexander.

Les toilettes publiques sur le bord des routes ont déjà été le théâtre de morts violentes dans une flopée de films d'horreur, généralement le temps d'une scène (en préambule d'un Halloween notamment, je ne me souviens plus duquel) sans que l'action ne s'y déroule entièrement, à la différence du motel, de la station-service ou de la cabane abandonnée. C'est désormais chose faite avec cet excellent petit survival bien saignant focalisé sur le face-à-face entre une jeune Texane et le sadique qui hante les lieux. Parti pour commencer une nouvelle vie à LA, un couple a le malheur de faire une halte sur une aire de repos où sévit un redneck en pickup. Alors que la fille se soulage dans les toilettes répugnantes, son petit ami disparaît, et la voilà seule à la merci du psychopathe. Ce dernier reste tout au long du film une silhouette lointaine, dont le visage n'est dévoilé que par parcelles via des gros plans vicieux (il suce un doigt de l'héroïne avant de l'arracher avec ses dents jaunies). Langue sectionnée, jambes écrasées, cuisse travaillée à la perceuse, les morceaux de boucherie ne manquent pas, parmi moult autres friandises (dont une famille de bigots aliénés qui cache un enfant difforme dans son camping-van). C'est sale, méchant, grossier, mais humble, généreux et parfaitement maîtrisé. A découvrir.

Prey de Darrell James Roodt avec Bridget Moynahan et Peter Weller.


Lorsque se présentent à nous les protagonistes de l'intrigue (une famille recomposée avec papa, belle-maman, fifille et fiston), qui seront aussi les victimes potentielles d'une attaque de lions dans la savane africaine, on devine à l'avance que la tuerie annoncée n'ira pas bien loin, car chacun sait que les morts d'enfants au cinéma sont presque toujours sujettes à scrupules (tout le monde n'a pas l'audace d'un Nick Palumbo qui ose un meurtre d'enfant bien dégueulasse dans Murder-Set-Pieces). Trois victimes, c'est d'ailleurs ce à quoi se réduit l'hécatombe. Pas de quoi crier au scandale toutefois car Prey prend davantage sa source du côté de Cujo ou de Jaws que des Rats de Manhattan. La tension l'emporte sur l'hémoglobine. On appréciera donc le recours presque exclusif (mises à part quelques gerbes de sang numériques exagérément visibles) à de vrais animaux parfaitement dressés lors des assauts des carnassiers contre la Jeep où sont réfugiées les touristes. A la recherche de sa famille, Peter Weller semble pressé de rentrer chez lui avec son petit chèque sous le bras. Également tourné en Afrique du Sud, The Breed, qui montre l'attaque d'une meute de chiens enragés contre un groupe de jeunes gens sur une île déserte, fait également appel à de vrais clébards, une qualité non-négligeable à l'heure où les effets numériques sont légion. Deux bons films de bébêtes voraces.


Against the Dark de Richard Crudo avec Steven Seagal et Keith David.


Revenu à la maison dans l'idée de rehausser la qualité de sa filmographie (les pas trop mauvais Pistol Whipped et Urban Justice allaient dans ce sens), après une enfilade de séries Z épouvantables torchées dans une décharge roumaine, Steven-la-cigale a de nouveau succombé à l'appel de l'Est pour les besoins d'un machin intitulé Against the Dark. Bon, cette fois, Steven avait une bonne raison car il s'agissait d'un film d'horreur, genre dans lequel notre panda bouffi ne s'était encore jamais illustré. Mieux qu'un film d'horreur, un film de zombies cannibales post-atomique. J'étais curieux de voir ça. Mais après ingurgitation, la digestion passe mal, et cela pour une raison bien pénible à énoncer pour le Seagalophile endurci que je suis : la présence de Steven Seagal ! Car si Against the Dark est loin d'être une réussite, on y décèle toutefois les efforts de chacun (cf. le film du tournage présent en bonus sur le DVD) pour rendre la chose regardable. Puis arrive Steven. La démarche lourdaude, l'œil fixe, la voix monocorde, le gugusse n'en a strictement rien à cirer, pourvu qu'on lui file son enveloppe. Pourtant relégué à un rôle mineur, celui que l'on surnommait jadis «le saumon agile» parvient en quelques minutes à ruiner le travail d'une équipe. Tu en as assez fait, Steven, il serait judicieux de te faire un peu oublier... pour un temps...


Buried Alive de Robert Kurtzman avec Tobin Bell.


Une bande d'ados très cons (tiens, en voilà d'autres) s'offrent du bon temps dans une maison où jadis une dame fut enterrée vivante. L'esprit vengeur, elle revient sous la forme d'une face de pizza avariée pour dessouder la jeunesse pécheresse (on ne peut pas lui donner tort)... Un film qui suscite l'interrogation : comment Robert Kurtzman, le K des studios de maquillage KNB, le créateur du Wishmaster, a t-il pu accoucher d'une telle cochonnerie ? C'est ennuyeux, les effets spéciaux sont réduits à peau de chagrin, les acteurs sont calamiteux, même un débutant n'aurait pas fait pire. Vraiment, Robert, tu devrais avoir honte... Ah, mais on me dit que Tobin Bell rôdait dans les parages en attendant de tourner Saw 12 ! Ça méritait un film, c'est sûr...


The Tripper de David Arquette, avec Thomas Jane, Lukas Haas et Paul Reubens.


Non content d'avoir donner à Schwarzy l'envie de suivre ses traces, Ronald Reagan fut aussi l'un de ces Présidents pleins de haine et de rancœur comme l'Amérique les aime. Il n'aimait pas grand chose, le Ronnie, sauf peut-être les films de Chuck Norris. Des Hippies il aurait dit « Ils ressemblent à Tarzan, marchent comme Jane et sentent comme Cheetah ». C'est d'ailleurs sur cette tendre citation que débute The Tripper, première réalisation de David Arquette, acteur médiocre aux allures d'ado attardé, dont on n'attendait pas monts et merveilles, et encore moins un slasher. Pourtant, le film est sacrément balèze. Il y a d'abord cette excellente scène d'ouverture où quelques militants pacifistes s'opposent à des bûcherons qui veulent abattre un arbre centenaire, jusqu'à ce que l'un d'eux finisse sous la lame d'une tronçonneuse brandie par un marmot psychotique. Plusieurs années après, alors que la région accueille une sorte de Woodstock bis ameutant tous les chevelus du coin, un tueur portant un masque de Ronald Reagan trucide les festivaliers armé d'une hache. Complètement tordu, audacieux et sans crédibilité aucune, The Tripper propose l'alliance subtile du gore et des substances illicites...


lundi 27 juillet 2009

Salve de séries B en DVD

Une première fournée de brefs commentaires concernant les séries B ingurgitées ces dernières semaines.

Walking Tall : The Payback / Lone Justice
Mises simultanément en chantier selon une vieille recette commerciale qui a fait ses preuves (deux suites valent mieux qu'une), ces séquelles illégitimes d'un Walking Tall qui était déjà plus ou moins le remake d'un polar des années 70 (cf. l'article Walking Tall : la série TV avec Bo Svenson pour l'historique) sont produites par Andrew Stevens, ancien acteur qui a déjà derrière lui un lourd passif de producteur de séries B. Le rapport avec le produit original se traduit par un détail scénaristique : le bâton, arme favorite du héros, revient ainsi de temps à temps pour rappeler aux cinéphiles avertis qu'on peut être un financier peu scrupuleux et rendre hommage à ses ainés. Avec The Payback, on repart donc de zéro pour voir Nick Prescott, un vétéran des Forces Spéciales, revenir dans le patelin où il a grandi afin de faire toute la lumière sur la mort de son paternel, shérif du comté. Aidé par un agent du FBI en jupon, il s'auto-proclame shérif sans que personne n'y trouve à redire, à l'exception des voyous qui ont buté son aïeul. Ce n'est pas vous enlever toute surprise que de vous dire que Prescott débarrassera la bourgade des malfaiteurs. Lone Justice reprend exactement là où The Payback s'était achevé, Prescott quittant le ranch familial pour s'installer à Dallas chez l'agent du FBI qui, entre-temps, est devenue sa compagne. La nouvelle vie du bouseux démarre plutôt mal, car à peine arrivé en ville il assiste au braquage d'une station-service, avant de se frotter à un vilain gang de Latinos qui poursuivent de leur vindicte la fliquette, témoin du massacre de ses collègues. Seul nom connu aux génériques, Kevin Sorbo fait plutôt bonne figure au premier plan de bastonnades mollement exécutées mais suffisamment nombreuses pour contenter l'amateur peu regardant. A noter une bonne bande-originale country.

Minotaur de Jonathan English avec Tony Todd et Rutger Hauer.

Une relecture du mythe de Thésée et le Minotaure que je me suis risqué à mâter pour la bonne et simple raison que le nom de mon pote Rutger Hauer figurait sur la jaquette. Je devais bien me douter qu'il n'y faisait qu'une apparition éclair, comme il en a pris l'habitude depuis déjà trop longtemps. Il a donc fallu me contenter d'une dizaine de minutes de son auguste présence, affublé d'une barbe orangée et vêtu de peaux de bêtes, dans le rôle du chef d'un village dont huit jeunes gens doivent être sacrifiés à la créature du titre. Son personnage prématurément évaporé, j'ai néanmoins entrepris de regarder le film jusqu'au bout, et bien m'en a pris car le résultat est loin d'être honteux. Point fort du métrage : l'apparence du Minotaure, éloignée de ce que j'imaginais mais néanmoins fort convaincante, association bien dosée de confections manuelles en latex et caoutchouc et de retouches numériques. Thésée est ici remplacé par un berger qui apprend d'un oracle lépreux (Ingrid Pitt couverte de pustules, mon Dieu !) que sa promise, sacrifiée à la bête, est toujours en vie dans le labyrinthe. Passons sur les défauts inhérents au film dit «de couloirs», avec des héros qui tournent en rond dans un décor statique éclairé à la torche, et sur l'interprétation laborieuse pour apprécier les attaques spectaculaires et sanglantes du Minotaure. C'est déjà pas si mal (quoiqu'un peu juste pour un film qui a dû coûter bonbon, si l'on en croît la masse de producteurs associés au projet)...

Outpost de Steve Barker avec Ray Stevenson.

Le bunker militaire a le vent en poupe, car après le bien-nommé Bunker, voici une autre histoire de soldats pris au piège de forces obscures dans un bunker désaffecté. Cette fois, cela se passe de nos jours quelque part en Europe de l'Est, où une escouade de mercenaires gueulards est engagée par un type pas net pour infiltrer un ancien repaire de Nazis dans l'espoir d'y dénicher un truc pas clair. Débutant de manière plutôt rigolote avec ses acteurs british tentant vainement, non sans grand renfort de jurons, d'imiter un accent étranger (celui avec l'accent africain déclenche instantanément l'hilarité), cette production écossaise d'assez bon calibre devient plus angoissante au fur et à mesure que les manifestations surnaturelles abondent. Certaines séquences sont de fait fort réussies, comme celle de l'apparition des assaillants dans les bois entourant le bunker, amplifiée par de savants jeux de lumière et de fumée. La tronche inexpressive d'un mystérieux type au crâne rasé, découvert vivant parmi un amoncellement de cadavres dénudés, provoque aussi son lot de frissons. Le bunker a donc de beaux jours devant lui...

Dead Mary de Robert Wilson avec Dominique Swain.

Dominique Swain n'a pas connu la suite de carrière escomptée après Lolita. Là voilà déjà obligée de cachetonner dans des produits bas de gamme. Ce Dead Mary commence pourtant sous de bons hospices : un groupe de jeunes gens plus supportables que la moyenne se réunit dans une maison de campagne le temps d'un week-end. Un soir ils trompent l'ennui en jouant à «Marie la morte», jeu stupide qui consiste à invoquer l'esprit d'une sorcière en prononçant trois fois son nom devant un miroir (Candyman n'est pas loin). Comme il faut bien que l'histoire décolle, les amis sont tour à tour victimes de morts violentes et irrationnelles, et les survivants se soupçonnent les uns les autres d'être possédés par l'esprit de la défunte. La scénario n'est guère élaboré, aucune explication n'est donnée quant à la tournure des évènements, et ce n'est pas là une astuce pour faire travailler l'intellect du spectateur mais plus simplement un oubli, ou bien un excès de fainéantise, de la part des scénaristes. En un mot, c'est chiant...

The Hunt for the BTK Killer de Stephen T.Kay avec Robert Forster & Gregg Henry.

Lassé d'en référer depuis des années aux mêmes tueurs célèbres, le marché de la vidéo s'est donc légitimement léché les babines lorsqu'en 2005 a surgit l'affaire Dennis Rader, du nom de ce tueur en série qui terrorisait Wichita depuis 1974 sous le nom de BTK (Bind, Torture, Kill). «Enfin du sang neuf !» se sont alors exclamés les producteurs malicieux. Mais avant que deux spécialistes du film ès-tueur en série, Uli Lommel et Michael Feifer, ne dévoilent leur vision sanglante des faits, c'est Stephen Kay, à qui l'on doit un remake vraiment lamentable de La loi du milieu avec un Stallone dans le pâté, qui coiffe tout le monde au poteau avec un produit somme toute bien sage car réalisé pour la télévision. Loin d'être racoleuse, cette fiction choisit une approche documentaire qui la rend fort attrayante, en particulier pour ceux qui, comme moi, n'ont pas préalablement connaissance des détails de l'enquête. Le film se concentre exclusivement sur les mois précédant l'arrestation de BTK, lorsque ce dernier, craignant qu'un écrivain ne lui vole son histoire, décide de sortir de sa tanière après des années d'inactivité. On dit souvent qu'interpréter un être malsain pousse les comédiens à se surpasser. La règle s'applique ici à Gregg Henry qui, derrière la moustache de Rader, assure la meilleure prestation de sa carrière.

vendredi 17 juillet 2009

Un forum pour les amateurs de VHS

On connaissait Kult-Vhs, devenu récipient à larmes des déçus et frustrés de la disparition de Vhs-Survivors, voici désormais Videohistory, nouveau forum dédié aux amateurs, chercheurs et collectionneurs de vidéocassettes. Cet espace accueillant est administré par Rémy Delpodio, qui a bossé pendant quelques années dans un excellent vidéo-club indépendant de Marseille et qui met régulièrement en vente des titres de sa collection. Allez y faire un tour... J'en profite également pour faire la promotion d'un sympathique blog dont j'ai découvert l'existence par hasard, Le Cinéphile Déviant, riche en critiques de films d'horizons divers.


Bestialità restera-t-il invisible ?

Bestialità de Virgilio Mattei (1974) est réputé dans le milieu pour être un sacré morceau de déviance bien craignos. Il y serait notamment question de zoophilie. Hélas il est bien difficile pour le ciné-archéologue de se faire une opinion tant la bestiole semble proprement invisible. D'après les informations récoltées sur le Net, au terme de longues et profondes recherches dans les tréfonds des pages Google, il semblerait que la seule copie disponible sur le marché soit une VHS italienne (De Laurentiis Ricordi, visuel ci-dessus). Autrement dit, ce n'est pas demain la veille que je parviendrai à assouvir mon vieux fantasme. Pourtant l'irruption récente outre-Atlantique d'un nouvel éditeur spécialisé dans l'exploitation et le bis, Mya Communication, m'avait fait entrevoir l'espoir de goûter enfin au fruit défendu. L'éditeur ne possédant étonnamment pas de site Internet, c'est sur un blog qu'est apparue il y a plusieurs mois une longue liste de titres dont Mya venait d'acquérir les droits, ouvrant ainsi la voie à de probables et imminentes sorties DVD. Hélas, encore hélas, Bestialità ne figure pas dans cette liste. L'unique réalisation de Virgilio Mattei reste manifestement séquestrée quelque part pour des questions de droits...

Karl Malden, c'était aussi....

Un bref article, simplement pour rappeler ce que les différentes biographies résumées de la carrière de Karl «l'homme au gros nez» Malden, décédé la semaine dernière, ont omis de mentionner, à savoir que l'acteur a aussi fait une brève mais remarquée incursion dans le giallo transalpin via le vénéneux Le chat à neuf queues de Dario Argento, où il interprétait avec brio un aveugle témoin (auditif, bien sûr) d'un complot. J'ai revu Karl Malden dernièrement dans Blue, un western mineur du début des années 60 avec Terence Stamp et Ricardo Montalban, dont le principal attrait demeure l'audacieuse photographie du grand Stanley Cortez.

lundi 6 juillet 2009

L'Ozploitation, c'était pas vraiment Hollywood...

Le blog de Jérôme Wybon Forgotten Silver avait évoqué à deux reprises la mise en chantier puis la sortie en DVD d'un documentaire consacré à l'OzPloitation, Not Quite Hollywood, réalisé par Mark Hartley. Le film est en effet sorti en Australie chez l'excellent éditeur Mad Man Films (visuel ci-contre), dans une édition simple et une édition « collector » cartonnée agrémentée de bandes-annonces. Je me suis procuré la première lors d'un séjour à Sydney. Il s'agit d'un documentaire plutôt brillant qui alterne extraits de films et interventions des principaux acteurs qui animèrent pendant presque trois décennies un sous-genre qui bénéficie désormais d'un regain d'intérêt. Parmi les cinéastes emblématiques du genre qui interviennent dans le film figurent George Miller (Mad Max), Tim Burstall (Attack Force Z), Russell Mulcahy (Razorback), Richard Franklin (Patrick, récemment décédé), Brian Trenchard-Smith (Le Drive-In de l'enfer), Simon Wincer (Harlequin), Tony Williams (Montclare, Rendez-vous de l'horreur), Philippe Mora (Hurlement 3 : les Marsupiaux). L'incontournable Tarantino y confie sa passion en tant que fan. On y apprend qu'avant le révolution sexuelle de 1969 la censure en Australie était l'une des plus sévères au monde. On y apprend aussi que sur le tournage de L'homme de Hong-Kong Jimmy Wang Yu traitait ses partenaires féminines avec dédain et se comportait de manière exécrable, de même que Dennis Hopper sur le plateau de Mad Dog Morgan de Philippe Mora. C'est un documentaire vivifiant, foisonnant, qui réunit un nombre impressionnant de personnalités liées de près ou de loin à l'histoire de l'OzPloitation. L'actrice Briony Behets raconte Long Week-End, le comédien Roger Ward s'attarde sur Les Traqués de l'an 2000, Jamie Lee Curtis et Stacy Keach se remémorent avec entrain leur expérience aux Antipodes pour Roadgames, Tarantino se souvient d'une séquence hallucinante dans Fair Game de Mario Andreacchio où Cassandra Delaney est attachée nue à l'avant d'un 4XA et promenée à travers le bush, George Lazenby explique comment, dépité par son éviction du rôle de James Bond, il est revenu dans son Queensland natal pour les besoins d'un improbable film de kung-fu. Bref, c'est riche en anecdotes, jamais ennuyeux, pas avare en extraits de films ni en séquences de tournage. Espérons que Eurocrime, le documentaire que tourne actuellement Mike Malloy sur le polar italien, soit du même acabit.